« Les banques continuent à prêter »
Souvent montrées du doigt en période de crise, les banques affichent pourtant des chiffres à la hausse en matière de prêts et prétendent pour l'instant ne pas ressentir l'effet de la perte du triple A.
Louis Bordonneau, président régional de la fédération des banques françaises, est le porte-parole des banques locales. Pour lui, elles n'ont rien à se reprocher.
Info-éco / Selon vous les banques continuent-elles à jouer leur rôle ?
Louis Bordonneau / Comme je l'ai déjà souligné lors de mes interventions à la préfecture, à la chambre de métiers, à l'Escem ..., les banques continuent de prêter. Fin novembre 2011, le taux de progression des encours auprès des TPE/ PME a augmenté de 4,2 % par rapport à 2010. Sur le plan global, il est en augmentation de 5,8 %. Il faut souligner que les encours de 2010 étaient également en hausse par rapport à 2009. Nous sommes sur une tendance de progression dans la mise à disposition de l'économie du crédit bancaire. Si nous comparons la France avec les autres pays européens, elle a accordé beaucoup plus de crédits. En Allemagne, le taux a augmenté de 1,5 % et en Italie de
5,1 %. Donc non, le robinet des crédits ne s'est pas arrêté. Cette année, huit PME sur dix ont obtenu le crédit qu'elles demandaient.La manière dont nous regardons les dossiers de financements n'a pas variée.
Info-éco / Pourquoi avons-nous le sentiment que ce n'est pas le cas ?
L. B. / Depuis 2008, le système bancaire a souffert de l'image de la crise financière mondiale, mais les banques en France sont restées saines. Les chiffres énoncés précédemment ne veulent pas dire qu'une banque va financer tous les projets proposés, il y aura toujours un examen attentif. Néanmoins, les établissements bancaires constatent qu'il y a moins d'activités dans le crédit par rapport à 2006 ou 2007.
Info-éco / Cela signifie que les entreprises osent moins demander des crédits ?
L. B. / Nous ne sommes pas vraiment dans une période euphorique, pour autant, nous ne sommes pas dans une situation dramatique ! De nombreuses entreprises progressent, innovent, exportent et ont des carnets de commandes bien remplis. Par contre, le BTP semble fragilisé par le manque de commandes des collectivités qui auraient serré le boulon sur les projets. Je conseille aux chefs d'entreprise comme aux particuliers de prendre conscience du jeu concurrentiel. Il est recommandé de consulter plusieurs établissements pour voir les conditions des uns et des autres.
Retrouvez la suite de cet article dans votre hebdomadaire régional d'informations économiques du 27 janvier, Info-éco n°4.