Le bloc notes du 22 juillet
Chaque semaine, retrouvez le Bloc-notes de Roger Anglument, directeur de la publication.
Affaire Bettencourt : l'image des politiques
Le déballage d'informations autour de « l'affaire Bettencourt » a tous les ingrédients d'un feuilleton médiatico-politique au parfum d'affaire d'Etat. Mais en sommes-nous vraiment là ? Entre les enregistrements téléphoniques de l'ex-majordome, le « jamais entendu parler d'enveloppes d'argent » de l'ex-maître d'hôtel, les déclarations revues et corrigées de l'ex-comptable, Claire Tibout, les faits relatés par le site Mediapart, les précisions de l'ex-secrétaire, Chantal Trovel, la contradiction apportée par la banquière chargée des comptes et, bien entendu, les propos de l'homme-lige de Liliane Bettencourt, Philippe de Maistre, il est bien difficile de se faire une opinion. Si les soutiens d'une des premières fortunes de France à des politiques semblent probables, il reste à savoir sous quelles formes et à quelle hauteur ? La somme de
380 000 euros est avancée pour la période de janvier à avril 2007. L'intervention de Nicolas Sarkozy va-t-elle modifier l'atmosphère délétère de ces dernières semaines ? Peu probable. Aux yeux de l'opinion, argent et politique ne font pas bon ménage. Cette affaire Bettencourt et celle à venir de la députée PS de Marseille, mise en examen pour détournement de fonds, dégradent un peu plus l'image des politiques.
Economies : haro sur les niches vertes
Austérité oblige, les membres du gouvernement ont ordre de débusquer la moindre économie. L'environnement ne fera pas dérogation à la règle. Jean-Louis Borloo, ministre d'Etat, ministre de l'Ecologie, du développement durable et de la Mer, sort lui aussi son plan de rigueur. Il espère conserver dans les caisses de l'Etat plus de deux milliards d'euros grâce à un coup de rabot sur les niches vertes. Parmi les mesures envisagées : la suspension des aides à l'installation de panneaux photovoltaïques (400 millions d'économies). De même le crédit d'impôt développement durable ne concernerait plus que quelques cas de travaux. La TVA sur les matériaux de rénovation serait revue à la hausse. Enfin le raccordement au réseau des ménages ayant fait le choix du solaire ne serait plus à la charge d'EDF mais des foyers concernés. A y regarder de plus près, le gouvernement fera certes des économies aujourd'hui mais quel sera le prix à payer demain pour ce coup d'arrêt à des mesures de soutien au développement durable ?
Zones rurales : faire revenir les médecins
Les zones rurales ont de plus en plus de mal pour attirer l'installation de médecins libéraux. Cette désertification affecte l'ensemble du pays. Pour les collectivités locales, le phénomène est préoccupant et même si, ici ou là, des initiatives sont engagées, rien ne permet d'espérer un retournement de la situation. Pour preuve ce conseil général qui a octroyé une bourse de 1000 euros pour les étudiants acceptant de débuter et d'exercer cinq ans sur place. Seuls, une dizaine de candidats se sont déclarés.
Un autre chiffre est éloquent : 67 % des nouveaux médecins optent aujourd'hui pour le salariat et dans le pourcentage restant, beaucoup choisissent de s'installer en zone urbaine. Ils fuient les déplacements multiples, les horaires à rallonges et les soins à domicile. Bref, tout ce qui faisait l'exemplarité de la merveilleuse fonction de médecin de campagne.
Le gouvernement envisage à l'automne d'ouvrir le débat et de favoriser l'installation de jeunes médecins dans des départements sous-dotés par le biais de la prise en charge des études. Quatre cents bourses par an sont prévues.