Les crépidules, un nouveau marché ?
L'exploitation commerciale de la crépidule pourrait bientôt voir le jour à La Rochelle. Les principaux acteurs (pêcheurs, industries ...) et le tourisme pourraient en tirer profit.
un goût proche de celui de la coque. Au Chili ou aux Etats-Unis, elle se consomme autant que les moules. Sa chair est riche en protéines, vitamines, oligo-éléments et oméga 3 et 6, essentiels au corps humain.
En France pourtant, la crépidule est perçue comme un coquillage nuisible, en compétition alimentaire avec les huîtres et les moules. Pire, elle est invasive. Elle produit entre 11 000 et 28 000 oeufs deux fois par an et n'a pas de prédateur. En Charente-Maritime, elle pose un problème économique et environnemental. Elle gêne la production conchylicole et les coquilles jonchent les plages, ce qui nuit à leur propreté.
Le projet fédère
« Le projet d'exploitation commerciale, baptisé Crépidule 17, avance depuis un an, explique la biologiste franco-chilienne Ingrid Bahamondes-Rojas, spécialiste de ce gastéropode. J'ai déposé à l'Institut national de la propriété industrielle (INPI) un procédé de décoquillage à froid qui préserve ses qualités gustatives et nutritives. Des entrepreneurs sont prêts à investir avec moi dans une société. Cependant il nous manque encore un partenaire, qui serait aussi un homme orchestre, pour boucler le budget de 800 000 euros sur trois ans. »
Le syndicat mixte du port de pêche de La Rochelle, qui possède toutes les infrastructures nécessaires, soutient le projet. Il constituerait un nouveau marché pour les pêcheurs côtiers et une solution à l'invasion. La Communauté d'agglomération rochelaise, le Conseil général de Charente-Maritime, la Région Poitou-Charentes et les pêcheurs sont tous prêts à suivre.
Les industries intéressées
D'autant que les débouchés commerciaux existent. « L'industrie agroalimentaire est intéressée pour des cocktails de fruits de mer ou des plats cuisinés (tartes, quiches, ...) sans compter que la crépidule serait vendue moins chère que la moule par exemple, poursuit Pascal Bouillaud, directeur du syndicat mixte du port de pêche de La Rochelle. Quant aux coquilles (jusqu'à 90 % du poids total), l'industrie pharmaceutique et cosmétique en retireraient du fer et du calcium et le monde agricole les utiliseraient broyées comme apport calcaire (amendement). »
Retrouvez la suite de cet article dans votre hebdomadaire régional d'informations économiques Info-éco n°6 du 10 février.