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Agnès Szabo incite à la déconnexion digitale

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Agnès Szabo incite à la déconnexion digitale

Après plusieurs expériences en tant que commerciale, Agnès Szabo a décidé de sauter le pas de l’entrepreneuriat avec un E-Pause, un objet pour inciter à la déconnexion digitale.

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Après plusieurs expériences en tant que commerciale, Agnès Szabo a décidé de sauter le pas de l’entrepreneuriat avec un E-Pause, un objet pour inciter à la déconnexion digitale.

Les E-Pause sont des objets que l’on remarque, qui attisent la curiosité. Il y a la version avec un panneau en fibre de bois et plusieurs pochettes en feutrine, ainsi que le casier aux alvéoles moelleuses, mais chaque modèle permet de poser en toute sécurité smartphone et tablette. Depuis un an, Agnès Szabo fait la promotion de ces objets pensés pour inciter à la déconnexion digitale auprès des particuliers et des entreprises. « J’ai toujours voulu être entrepreneure, mais il me fallait acquérir de l’expérience et trouver une idée avant de me lancer. »

De la finance à l’innovation

Cette parisienne a passé son enfance du côté de Nice puis au Congo, au Gabon et en Afrique du Sud. Agnès Szabo rejoint l’école de commerce de Bordeaux et décroche son diplôme en commerce international. « J’ai commencé dans la vie active par une erreur d’aiguillage », s’amuse-t-elle. A Paris, après un concours de circonstances, elle atterrit comme responsable commerciale dans une filiale du Crédit Lyonnais, une société de courtage sur les marchés financiers qui venait de se créer. « Il fallait trouver des idées et se relever les manches, c’est surtout cet aspect qui m’a plu. » Pour un an, elle entre au Crédit Lyonnais Asset Management. « C’était une très grosse structure (600 salariés). Je ne m’y retrouvais pas. » Après six ans à la capitale, elle décide de suivre son compagnon à Epinal et trouve un poste dans l’industrie textile en tant que responsable des ventes en France et en Europe. « Les clients étaient variés, mais avec la fin des quotas textiles et l’arrivée de la Chine, toutes ces entreprises ont mis la clé sous la porte. » Et Madeleine Création a fait partie des nombreuses filatures à fermer en France. « C’était l’époque du lancement du pôle de compétitivité Fibres. » Elle rejoint l’aventure dès 2006. Traitant du papier, du bois, du textile, des matériaux composites, l’enjeu était de mettre en relation les entreprises et les centres de recherche d’Alsace et de Lorraine. « Notre rôle était de valoriser ces produits durables et d’accompagner les entreprises vers de nouveaux marchés plus porteurs. » Promue déléguée générale du pôle, elle participera à sa fusion avec Energivie, une première en France.

Vers E-Pause

Arrivée au bout d’un cycle et avec l’envie de bouger, en 2015, Agnès Szabo et sa famille partent pour un tour du monde d’un an. « C’est un rythme complètement différent, avec plein de rencontres et de découvertes. » Pour permettre à ses deux filles de suivre les cours du Cned, elle les équipe de tablettes. « Si tout c’est bien passé, les écrans ont été le sujet sensible. Leur attention était accaparée, alors qu’elles avaient sous leurs yeux des paysages fantastiques. C’est là que la petite graine d’E-Pause a pris racine car voir mes filles se plonger dans les écrans m’a beaucoup questionné. »

Pendant un an elle approfondit le sujet, se documente. Son mari décroche un poste à Poitiers. « Nous avons été très bien accueillis. Nous avons fait beaucoup de rencontres. » Grâce à l’appui et l’accompagnement du Centre d’entreprises et d’innovation (CEI), elle crée E-Pause en octobre 2018. « Ce qui a plu dans mon projet, c’est d’avoir une proposition non-technologique à une problématique numérique. Il existe plusieurs applications sur ce sujet de la déconnexion numérique, mais je pensais qu’un objet serait plus adapté. Cette présence physique permet d’enclencher une réflexion sur nos usages des smartphones et des tablettes. Cela permet de les poser, de les charger, de créer des rituels. Le téléphone est notre nouveau doudou, pour le lâcher il fallait lui concevoir un endroit confortable. » Elle souhaitait un objet durable tant au niveau des matières, que de la fabrication. La production est réalisée par des entreprises locales (Valoris pour le feutre, Agibox pour le bois …).

Conquérir les entreprises

Désormais, elle se concentre sur la promotion et le déploiement d’E-Pause après des particuliers, mais surtout des professionnels. « Il y a un vrai besoin. Nous sommes hyper-connectés dans notre vie privée, mais également au bureau. Nous avons du mal à lever le pied, pourtant des moments de pause sont nécessaires. Il a été démontré par une chercheuse américaine Sheery Turkle et plusieurs études, que si notre portable est dans notre champ de vision, même éteint, cela change le contenu et l’attention que nous portons aux échanges, à un problème. 30 % des personnes vont regarder leur téléphone en moyenne au bout de 13  minutes, même s’il n’y a aucune notification. En réunion, il y a 30 % de temps perdu à cause de sollicitations extérieures. Avec E-Pause, la personne fait la démarche, ce geste positif pour être attentif. C’est une meilleure écoute, plus de créativité, plus d’interactions. » Elle compte ainsi démarcher les entreprises, mais également les lieux de séminaires, de formation. Au début du mois de septembre, elle a participé au salon Maison&Objet à Paris, un bon endroit pour toucher les architectes et décorateurs d’intérieur. « Je suis fière de mon produit, maintenant il faut le déployer. Tous les jours j’apprends, mais je me sentais prête. J’avais envie d’apporter, de proposer mon idée à tous. »

Mathilde Wojylac

Plus : epause.fr.

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