Alain Rousset veut aller de l’avant

Publié le 8 avril 2016 | Actualité / en Poitou-Charentes

Rousset1W

Le président de la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, de passage à Poitiers, souhaite tourner la page des impayés et des emprunts de l’ex-Poitou-Charentes pour mieux regarder et préparer l’avenir, et notamment le prochain budget.

Le président de la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes était de passage à Poitiers le 31 mars, pour rencontrer les agents des services régionaux et décliner les grands axes de travail. « Je n’ai aucun problème de confiance à leur égard, bien au contraire, en un temps record, ils nous ont permis d’avoir toutes les informations nécessaires pour avancer. » Alain Rousset était présent pour rassurer et tracer la feuille de route des prochaines engagements.

S’il veut « tourner la page, la régler et regarder l’avenir », la facture laissée par l’ex-Poitou-Charentes va tout de même peser dans l’élaboration du prochain budget. L’audit du cabinet indépendant prévu pour le 7 avril, doit permettre de faire un état des lieux très précis, le rapport de la cour des comptes en octobre mettra les choses au clair. « J’ai fait mon travail de transparence, de rigueur, maintenant c’est le temps de l’action, souligne Alain Rousset. Nous pourrions nous replier, mais à l’inverse, nous payons les dettes et nous faisons face aux engagements, tout en essayant de maintenir les investissements. C’est sur l’endettement que le budget va se jouer. »

Aujourd’hui, sur les 132 M€ d’impayés aux entreprises, 90 % est réglé. La totalité devrait l’être pour la fin du mois d’avril. « Nous apurons le passif et nous devrions retrouver des délais normaux de paiement dans le courant du mois, explique Alexandre Piton, directeur général adjoint chargé de la fusion. C’est exceptionnel, il faut tout vérifier, mais nous assumons ce qui n’a pas été fait durant le dernier trimestre de 2015. »

Sur les crédits de l’ex-Poitou-Charentes, 104 M€ sont des prêts « toxiques ». La Région va donc les renégocier « avec des risques de pénalités », même si pour l’instant ils sont à des taux « normaux ». Le concours de l’Etat a été sollicité.

Un peu plus cher à la pompe

« L’accumulation des politiques a fait qu’à un moment la digue a été submergée. » Des dispositifs devront être stoppés « tout en ayant un comportement républicain vis à vis des engagements déjà pris ». Ainsi par exemple, le plan pour l’isolation de 10 000 toitures, qui en comprend désormais 20 000 ne sera pas prolongé, mais les engagements respectés. Il resterait ainsi 10 M€ à exécuter. « Compte tenu des factures et pour avoir un budget sincère, il nous faut prioriser les opérations. » Des arbitrages seront opérés. « Et nous allons proposer des solutions. »

La part d’auto-financement va jouer dans le budget. Pour l’ex-Poitou-Charentes, en 2015, elle était négative, alors que pour l’ex-Aquitaine, elle était à 29 %. « Si nous voulons maîtriser notre endettement, il faudra globalement monter entre 20 et 25 %. » Cette part vient notamment des impôts et de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE), que Ségolène Royal a toujours refusé d’augmenter, qui sera harmonisée. Cela représente 2,5 centimes d’euros par litre, soit 48 M€ par an pour la Région. Une harmonisation qui va être accélérée, « poussée par la situation ». Rendez-vous le 13 avril pour le débat d’orientations budgétaires et le 25 mai pour l’adoption du budget.

M. W.

Partenaire : Inovis asset management