Les ardoises de l’ex-région impactent le budget

Publié le 31 mars 2016 | Actualité / en Poitou-Charentes / Une

olivier chartier

Conseiller régional et récent président de la commission des finances, Olivier Chartier souhaite éclaircir la situation financière de l’ex Poitou-Charentes. Avec beaucoup de conviction, il veut jouer un rôle de contrôle et d’influence sur les politiques économiques à suivre.

Info-éco / Les dettes de l’ex Poitou-Charentes se chiffrent en milliards d’euros, comment vivez-vous cette situation ?

Olivier Chartier / C’est très embêtant pour nous, comme pour la nouvelle région. Le 7 avril, l’audit nous permettra de faire la lumière sur cette affaire. Mais d’après les informations qui transpirent, la situation est bien plus grave qu’annoncée, nous sommes proches du scandale financier. Les impayés sont plus importants et dépasseraient les 130 M€, plus la dette qui s’élève à 450 millions d’euros dont 200 M€ d’emprunts toxiques. Le premier objectif du président Alain Rousset est de renégocier cette dette à risque, mais évidement cela va nous coûter des pénalités lourdes. Tous les investissements vont être analysés, les Picto-Charentais ont besoin de savoir. Combien a coûté l’aventure Heuliez ? Mais aussi la société Eco & Mobilité, liquidée avec 5 M€, tout comme Mia ! A chaque fois que l’opposition posait des questions ou demandait des comptes nous n’avons jamais été entendus ou obtenus seulement des réponses nébuleuses.

Info-éco / Depuis quand l’opposition régionale a-t-elle tiré la sonnette d’alarme ?

O. C. / J’ai un courrier qui date de décembre 2010 dans lequel nous alertions du milliard d’euros de politiques à décaisser. Mais les éléments manquaient afin que nous puissions avoir une analyse parfaite. Par exemple, en avril 2014, la Région a investi 5 M€ dans une usine de retraitements des déchets pour en faire de l’électricité. Dirigée par Yves Debien, cette Sem a été liquidée sans que personne n’en parle. L’exécutif doit se justifier, j’ai besoin d’y voir plus clair. Je me pince quand Jean-François Macaire dit qu’il ne sait pas tout, c’est un peu léger. Ils doivent faire la clarté surtout pour ces montants. Les responsables auront à s’exprimer.

Info-éco / Pour rester dans l’incompréhension que pensez-vous du reclassement de l’ancien directeur général de la région et de son épouse ?

O. C. / En effet, Mme Scarbonchi a été recasée au ministère de l’écologie et à celui de l’intérieur pour monsieur. Ce ministère a en charge la direction générale des collectivités locales qui s’occupe des dotations de l’État aux collectivités. C’est une nomination choquante. Je me demande pourquoi, j’aimerais comprendre.

Info-éco / Ancien inspecteur bancaire, vous devez vous sentir à l’aise dans votre nouveau rôle de président de la commission des finances à la région ALPC ?

O. C. / Le rôle de la commission des finances n’est pas exécutif, nous ne déciderons pas et nous ne pourrons pas nous opposer aux décisions, néanmoins, nous avons un rôle de contrôle, de conseil et d’influence sur les politiques à mener notamment sur les politiques budgétaires où évidemment, nous avons un contexte financier rendu particulier compte tenu des dossiers du Poitou-Charentes. Les orientations budgétaires seront discutées en avril et le budget sera voté en mai, mais l’ambition de l’ex-région aura des impacts sur la préparation du budget 2016, voire 2017 et 2018.

Info-éco / Qu’en est-il de l’avenir des dispositifs de Poitou-Charentes ?

O. C. / Le Plan 10 000 toitures, le Fonds régional d’excellence environnemental … Tous les dispositifs vont être passés au crible et nous allons estimer leur efficacité, leur coût et leur rentabilité. Ils sont sympathiques, mais additionnés les uns aux autres, nous nous retrouvons face à une impasse budgétaire. En tant que conseiller régional et président de la commission des finances,  je serais loyal à mes convictions. Nous devons baisser nos dépenses de fonctionnement et en parallèle augmenter nos dépenses d’investissements. Mme Ségolène Royal s’est servie du Poitou-Charentes pour des fins personnelles, elle en a fait son laboratoire et ne s’en est jamais cachée. Mais, elle a fait prendre beaucoup trop de risques à la région notamment avec le dossier symbolique des véhicules électriques, mais il y en a d’autres. Notre marge de manœuvre est limitée, nous devrons faire des choix courageux, supprimer les dispositifs inefficaces et concentrer les moyens qui vont rester à l’investissement et au soutien de projets créateurs d’emplois. Notre mission de base est l’économie régionale, notre métier est d’aider les entreprises, les créateurs de projets et d’emplois, pas d’installer des antennes sur les toits.

Propos recueillis par Lydia De Abreu

Partenaire : Inovis asset management