Comment voyez-vous Grand Poitiers en 2030 ?

Publié le 7 janvier 2019 | Actualité / en Poitou-Charentes

poitiers

La rédaction a donné la parole à des citoyens : professeur, observateur, chef d’entreprise, élu, étudiant afin qu’ils partagent leur vision d’avenir sur la ville de Poitiers et la communauté urbaine. Selon eux, l’avenir se dessine en vert et plus solidaire.

Propos recueillis par Lydia De Abreu

 

Nicolas Girard, Dirigeant de Good Moon

Quand j’imagine ma ville en 2030, je la vois plus fertile et productrice de richesses pour les citoyens. J’entends par là, l’ouverture sur la nature, j’aimerais que la ville se pare d’arbres fruitiers, de zones de fleurs odorantes, de petits potagers afin que les citoyens puissent se servir. Je souhaiterais que les habitants reprennent le goût du partage, qu’ils soient invités à circuler librement pour se rendre en ville. On peut imposer les transports en commun dans les grandes villes, mais pas à Saint-Benoît. Si nous souhaitons éviter que les personnes vivant aux alentours de Poitiers consomment en périphérie de la ville, il faut leur donner les moyens de rejoindre facilement le centre-ville.

Pour moi, les villes seront attractives par leur centre. Aujourd’hui, venir à Poitiers un dimanche ou un lundi, c’est le désert ! Je souhaiterais le retour des marchés populaires, la création d’aires de connexion où chacun gère son temps. Le centre serait le point de rencontre pour tous. La ville appartient aux habitants, elle devrait être toujours accessible.

 

Philippe Chadeyron, Représentant territorial EDF pour le Poitou et les Charentes

Dans une dizaine d’années, je vois un urbanisme changé, un centre-ville piéton alimenté par de la mobilité douce. Nous serons une smart-city avec de la fibre optique partout, de la mobilité partagée, avec plus de trottinettes et vélos électriques avec des pistes cyclables plus adaptées. Je vois la gare maintenue en centre-ville, mais plus d’aéroport. Le concept d’avoir un téléphérique qui relie les Couronneries au centre-ville me plaît beaucoup et ce serait une véritable attraction touristique. Le marché le dimanche et Poitiers vue d’en haut vaudraient vraiment le détour !

Concernant la communauté urbaine, j’imagine un rapprochement entre Poitiers et Châtellerault, un axe qui se construit de liens modernes. Les deux territoires ne doivent pas se comparer, mais plutôt se compléter, une ville industrielle et une autre de services.

Pour Grand Poitiers, je pense que la Technopole aura du succès et jouera son rôle pour aider au développement des entreprises installées et à venir. L’EdTech et la Gamers Assembly seront de belles cartes de visite. Et l’entreprise Indiscrète aura plus de 100  emplois et exportera à l’international. Là, c’est mon cœur qui parle, mais je suis convaincu de leur pérennité quel que soit le projet. Sur le plan culturel, j’aimerais plus d’opérations autour de l’art contemporain et le patrimoine local. Sur le plan énergétique, tous les parkings et centres commerciaux devront être recouverts de panneaux solaires et s’équiper de bornes électriques.

 

Isabelle Soulard, Historienne, élue au Département de la Vienne

Poitiers en 2030, ce sont des quartiers avec leur propre bassin de vie, ses commerces et services, comme au Pont Neuf actuellement. Poitiers sera une ville dans laquelle le transport ne sera plus un problème. Les bus et les vélos seront beaucoup moins chers, les personnes à mobilité réduite pourront se déplacer plus facilement avec des espaces adaptés. J’imagine ma ville avec plus de mixité, un centre-ville où l’on habite, plus de lieux associatifs conviviaux et un esprit durable et solidaire. Nous devons entreprendre de grands travaux dans les logements pour éviter les déperditions thermiques, faire de nouveaux parkings et des petits jardins. Je souhaiterais une ville tournée vers la bio-économie avec plus de vert et moins de minéral.

 

Zoé Abraham, Etudiante en 4e année de médecine

Aujourd’hui Poitiers fait vieille et monotone. Je l’imagine plus verte et fleurie avec des bâtiments plus modernes. Une gare moins austère et plus sécurisée. J’aimerais que le centre soit plus dynamique, pendant les vacances et les dimanches, c’est d’une tristesse. Il faudrait plus de choix de restauration, plus de vegan et plus de lieux ou de rendez-vous culturels. Il y a un véritable travail à faire sur la mobilité, il faudrait plus de bus écolos ou alors un tramway qui sillonnerait la ville jusqu’au campus universitaire. Et pour le campus, je rêve de véritables pistes cyclables plus accessibles et moins dangereuses avec des stations de vélos électriques.

 

Alexis Beaulieu, Professeur de philosophie

J’ai imaginé deux visions, une pessimiste, l’autre optimiste. Pour cette dernière, j’imagine une ville débarrassée des véhicules polluants, remplacés par des voitures électriques, autonomes, des vélos. La vie de quartier serait redynamisée, il existerait un véritable engagement des habitants avec des jardins collectifs et plus d’entraide. J’imagine plusieurs petites villes dans la ville, plus de proximité géographique et humaine. Poitiers en 2030 sera une ville plus verte et plus solidaire.

Dans le scénario plus sombre, les personnes resteront tournées sur elles-mêmes, à ne défendre que leurs intérêts. Le réchauffement climatique ne cesserait de s’accroître ce qui créerait plus de tensions entre les habitants et dégraderait les relations. Le centre-ville se recentrerait sur lui. Je préfère vraiment la première version !

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