EuroMakers, le grossiste pour ceux qui font

Publié le 17 juin 2019 | Entreprises

euromakers

Aurélien Poncin a créé EuroMakers pour tous ceux qui souhaitent construire ou réparer eux-mêmes. Ils y trouvent tout ce dont ils ont besoin.

Le terme “makers” est apparu aux États-Unis dans les années 2000. Il définit les inventeurs, les professionnels, les bricoleurs et les bidouilleurs qui fabriquent eux-mêmes ce dont ils ont besoin en s’appuyant sur les nouvelles technologies numériques basées sur des logiciels libres d’accès (open source). Aurélien Poncin, qui a créé la société EuroMakers en 2015 est de ceux-là. « Je suis passionné d’ingénierie et de développement de produit. Aujourd’hui avec internet on a tellement accès à la connaissance », s’extasie t-il. Il s’est découvert cette passion en tentant de sauver le constructeur de voiliers de croisière Harmony Yacht, que son père Olivier Poncin, PDG du groupe Poncin Yacht lui a cédé en 2010 pour l’euro symbolique. La crise économique, frappant alors le secteur, était au plus fort. En 2014, Aurélien Poncin l’a cédé à son tour. En tentant tout ce qu’il a pu, le jeune homme s’est familiarisé avec les bureaux d’études et le prototypage rapide. La passion était née.

La CNC Aureus

Avec ses quatre collaborateurs et ses deux stagiaires, Aurélien Poncin se pose en grossiste de ce courant, avec plus de 3  000 références : imprimantes 3D, éléments électroniques en open source, matériaux (filament 3D), mais aussi simple visserie … « L’idée est que les makers trouvent sur notre site internet tout ce dont ils ont besoin pour fabriquer eux-mêmes. » Et ça marche. Après un bilan comptable de 230  000 euros cette année, il vise le double l’an prochain. Pour y parvenir, il va s’appuyer sur sa nouvelle machine de découpe numérique de prototypage (Computer Numerical Control en anglais), la CNC Aureus 3X. Capable d’usiner du bois, du plastique ou du métal, elle tient sur une table, avec un prix abordable. De quoi séduire les artisans, l’enseignement supérieur ou les particuliers. « Notre CNC a été construite à partir d’une machine existante que nous avons beaucoup modifiée pour améliorer sa précision et sa rapidité, explique Aurélien Poncin. Ensuite, nous avons mis un bout de code en libre service pour que d’autres l’utilisent ou l’améliorent. Nous avons également mis en ligne des tutoriaux pour orienter sur la vitesse à programmer et le nombre de passes nécessaires pour sculpter une pièce. C’est la règle de l’open source. » Si cela ne suffit pas, EuroMakers assure aussi des prestations de service auprès des entreprises. « Prochainement, nous allons aussi lancer une plateforme internet d’édition de contenu pour que chacun présente sa solution ou son innovation », poursuit le dirigeant de 36 ans.

Philosophie open source

CPour lui, cette décision relève de la philosophie open source. « Nous sommes au tout début de cette technologie numérique et pour l’instant c’est l’état d’esprit qui ne suit pas, estime t-il. Beaucoup d’entreprises se disent que cette technologie n’est pas pour elles. Changer cela passe par l’éducation. D’où les vidéos et les tutoriels pour rendre cette technologie accessible à tous. Bloquer une chaîne de production pendant des jours voire des semaines pour recevoir une pièce défectueuse, ce n’est plus possible. Payer 60 ou 70 euros un bout de tuyau pour réparer son lave-vaisselle non plus. Avec la découpe numérique ou l’impression 3D, que l’on propose aussi, il est possible de produire vite la pièce et de réparer soi-même. »

Olivier Guérin

Partenaire : Inovis asset management