Greenfib, le matériau de demain

Publié le 8 novembre 2019 | Entreprises

greenfib

LM Innotech commercialise un nouveau matériau, la Greenfib, 100 % biosourcée et recyclable. Plus qu’une simple matière, c’est tout un nouveau processus, un nouveau cycle de vie qui a été élaboré.

En 2011, Luc Ménétrey part d’une page blanche. Aujourd’hui, avec LM  Innotech, il commercialise une nouvelle matière avec son associé, Cyr Dioré et l’année 2020 s’annonce prometteuse.

Opticien de profession, basé à Vivonne, Luc Ménétrey s’est toujours soucié du devenir des paires de lunettes usagées. Certaines montures étaient bien envoyées à des associations pour être réutilisées, mais in fine, elles étaient un déchet. « Il n’existait pas grand chose en ce qui concerne les montures recyclables ou biodégradables. » L’aventure débutera ainsi. Il conçoit un cahier des charges, travaille avec le laboratoire poitevin Valagro, spécialiste de la chimie verte, pour arriver, en 2012, à l’élaboration d’une nouvelle matière 100 % biosourcée : la Greenfib.

En 2018, il prend un nouveau tournant. « J’étais seul dans cette aventure et je ne voyais plus comment évoluer. J’ai rencontré la bonne personne, mon associé, Cyr Dioré. A nous deux, nous avons revu les fondations de la société. Nous sommes complémentaires, je m’occupe plutôt de la partie recherche, il a poussé les bonnes portes au niveau industriel. » Ils ont également su s’entourer, notamment au niveau commercial avec Nicolas Gumy, venu les rejoindre. « Nous avons chacun également deux personnes référentes à nos côtés. Cela n’a rien d’officiel, mais ils nous permettent de prendre du recul sur la société, d’avoir un avis extérieur. » Et la société a franchi un palier.

Innovation de process

Dans la vie comme en chimie, il faut avoir la bonne recette. Dans celle de la Greenfib, il y a du rilsan (un dérivé de l’huile de ricin), ainsi que des farines végétales (dont du bois) et minérales. « Je tenais à ce que cette matière soit entièrement issue de la biomasse végétale, sans entrer en concurrence avec l’alimentation humaine. » Cela en fait une matière très légère, flexible, résistante, inoxydable, anallergique, stable. Elle peut être extrudée, injectée ou imprimée. « Nous sommes les premiers au monde à avoir créé une bobine de fil biosourcé pour l’impression 3D ! », note ravi le dirigeant.

Souhaitant aller plus loin dans la composition de son matériau, une nouvelle recette de Greenfib est disponible à partir de farine de roseaux et d’huîtres. « Le roseau est idéal pour recréer des zones humides, mais doit être arraché pour ne pas étouffer son milieu. Nous sommes dans cet esprit d’agréger des ressources inutilisées pour créer une nouvelle matière. »

Et LM Innotech ne s’arrête pas là. Les dirigeants souhaitent être les moins impactants possible sur l’ensemble de la vie de la Greenfib. Ainsi, la fabrication est réalisée uniquement avec des partenaires locaux, en Vienne. « Nous avons créé un deuxième écosystème en Bretagne. C’est tout son intérêt, il est standard et duplicable. Nous ne sommes pas fabricants, mais ainsi, à chaque fois qu’un besoin important sera identifié, nous pourrons recréer, en proximité, cet écosystème. »

Se transformer à l’infini

La matière sera ensuite façonnée suivant l’objet désiré. Recyclable jusqu’à neuf fois, pour sa dernière utilisation, elle pourra servir de combustible, dans le décapage ou comme composant de panneaux isolants. « Entre temps, elle aura eu plusieurs usages, de la lunette, à la brosse à dents en passant par une prise par exemple. Et les magasins vendant des objets issus de la Greenfib sont aussi points de collecte. Ainsi, nous avons envisagé toutes les solutions, jusqu’à sa fin de vie. »

Côté utilisation, sous la marque Opti Design Création, Luc Ménétry conçoit, fabrique et commercialise des montures de lunettes sur-mesure. « Une paire est d’ailleurs sur le nez du navigateur Jean Le Cam, souligne l’opticien. C’est un vrai et très bel ambassadeur et il ne ménage pas sa monture avec le sel, le vent, l’eau … ! » Toujours côté lunetterie, la société travaille également avec l’un des derniers fabricants français de lunettes à l’élaboration de ses propres montures.

Côté commercialisation, la Greenfib a reçu la certification pour le contact alimentaire. Elle a été référencée dans la matériauthèque d’LVMH aux côtés des 400 “matières à penser” du catalogue de la marque de luxe. « Nous avons des pistes dans l’alimentaire, des magasins bio, le bricolage, l’ameublement, avec une société aérienne, pour la fabrication de drone  … Mais, nous voulons rester sur des objets durables, réutilisables ou consignés. En tout cas, nous avons de belles perspectives. » 

M. W.

Partenaire : Inovis asset management