Ilot Tison : nouveau site, tous gagnants ?

Publié le 12 juillet 2018 | Actualité / en Poitou-Charentes / Une

tison

Dimanche 8 juillet, l’îlot Tison a été inauguré à Poitiers. Cette ancienne friche a fait le plein de Poitevins qui se réapproprient ce lieu paisible en bord de Clain. Coût total de ce réaménagement  : 4 millions d’euros. Des aménagements qui profitent aux habitants du site… mais pas que.

Noir de monde. L’Ilot Tison, véritable espace détente au bord du Clain, retrouve son charme d’antan. On y joue, on s’y repose, bref de quoi passer un bon moment en famille ou entre amis. En plus, une guinguette à proximité sert des rafraîchissements et autres gourmandises.  Cette guinguette est la propriété de Jérôme Lacroix, connu à Poitiers pour posséder plusieurs restaurants et autres lieux de divertissement, notamment de la nuit ; au total une dizaine voire une quinzaine d’affaires  « On veut installer cette guinguette dans la durée, explique-t-il. On essaye de redonner à cet espace la vie qu’il avait il y a quelques décennies et surtout rendre un sens à l’histoire de cet îlot. » Jerôme Lacroix un sauveur de l’Ilot Tison ? Il a surtout su flairer le bon coup avec une parcelle qu’il a rachetée en 2009.

A qui va profiter de cette renaissance ?

Ce réaménagement voulu par la ville et Grand Poitiers va lui profiter, c’est sûr. Amener du monde sur cet ilôt perdu … et désert. « ça profite aux Poitevins avant tout, corrige Patricia Persico, adjointe en charge du commerce à Poitiers. On n’est pas sur le créneau du commerce avec l’Ilot Tison mais plutôt celui du loisir. On a eu l’opportunité de redonner vie à cet endroit prisé des Poitevins autrefois, on ne l’a pas fait pour dynamiser le commerce de M. Jérôme Lacroix. »

Pourtant en centre-ville, les commerçants font la mou. Ils subissent les travaux de réaménagements de Poitiers. « Je n’ai pas envie de rentrer dans la polémique, indique ce commerçant qui a voulu resté anonyme. Mais c’est vrai qu’on peut avoir l’impression que les investissements profitent toujours aux mêmes. Ce qui se passe en centre-ville est une catastrophe. On n’est pas consulté, pas informé et on fait des travaux en pleine période touristique. Je ne sais pas si tout le monde pourra se relever de cette situation. »

La mairie calme le jeu

L’adjointe en charge du commerce, fait un peu le dos rond. « La mairie s’entend bien avec tout le monde. On est à l’écoute et on essaie de travailler avec tout le monde.  » C’est vrai que lorsqu’il y a des événements, comme les retransmissions des matches de football sur grand écran à Blossac, des concerts place Leclerc, des buvettes sont installées moyennant un droit de place.

 

« Cela concerne plusieurs restaurateurs et cafetiers qui répondent à des appels d’offres. Ce n’est pas tout le temps les mêmes qui les remportent », rappelle Patricia Persico. Jérôme Lacroix le confirme (il possède notamment le Kiosque à Blossac) : « J’ai beaucoup investi dans les aménagements du pavillon du Kiosque. Les jours de matches ou de concerts dans le parc je suis contraint de le fermer pour raison de sécurité, donc je n’y gagne pas forcément, sachant que ce n’est pas tout le temps moi qui remporte les appels d’offre des buvettes.  »

Pour revenir aux bords du Clain, la mayonnaise semble prendre auprès du public local. Familles et amis investissent les espaces verts (en devenir puisque l’herbe n’a pas forcément encore eu le temps de pousser sur l’îlot). « Les gens sont venus en nombre. Je pense que les activités les ont attirés. Le vrai challenge sera de continuer à proposer des animations pour qu’ils aient encore envie de venir, de s’approprier les lieux », reconnaît Jérôme Lacroix, qui ne manque pas d’idées. Même si son établissement, « la Tomate blanche », situé lui aussi sur l’îlot, a connu quelques mois difficiles durant les travaux, il retrouve un certain sourire. «  On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. On va dynamiser le lieu en proposant des jeux ludiques (molkky, pétanque), des apéros, des concerts. » Sa guinguette pictave sera ouverte tous les jours dès 15  heures. De quoi passer un été bien sympathique. Et Jérôme Lacroix note : « Poitiers est malgré tout une ville très touristique. Quand je me balade, je vois les terrasses bien remplies. Je ne suis pas le seul à en profiter loin de là… »

Julien Privat

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