Iteca virtualise et anime l’usine du futur

Publié le 9 novembre 2018 | Entreprises

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L’intelligence artificielle, la réalité augmentée et la réalité virtuelle, voilà les trois piliers qui font la force d’Iteca. Des compétences et des technologies qui lui permettent de développer des jumeaux numériques d’une machine, d’une ligne de production ou d’un site.

Fin mai, la start-up angoumoisine Iteca a frappé fort en dévoilant au salon VivaTech, le jumeau numérique qu’elle a créé pour la maison de cognac Hennessy. Le groupe LVMH dispose ainsi d’une virtualisation de son site de 26  000 m2, la plus vaste jamais réalisée.

Pour obtenir cette prouesse Iteca s’appuie sur les trois piliers qui font sa force : l’intelligence artificielle, la réalité augmentée et la réalité virtuelle. « Iteca a été créée en 2015, mais en réalité, elle bénéficie de l’expertise des deux sociétés qui l’ont co-fondé : le laboratoire de recherche en intelligence artificielle SpirOps et la société SolidAnim, un des leaders mondiaux de la motion capture et des effets spéciaux en temps réel, explique Marc Bagur, directeur Usine du futur d’Iteca. Il y avait deux bonnes fées au-dessus de son berceau, dès son lancement. Nous utilisons plusieurs de leurs brevets technologiques de façon exclusive, éditons nos logiciels que nous appliquons à la transformation digitale des industriels. » Aéronautique, énergie, construction, luxe ou encore automobile, les domaines d’application sont larges.

Le jumeau numérique

L’équipe de 12 personnes s’emploie à recréer virtuellement une machine, une ligne de production ou une usine, tout en intégrant les process, les flux et les données. Ce “double numérique” doit permettre de superviser, décider, contrôler ou encore former. Iteca a également développé une plateforme spécifique, SmartUpp, pour utiliser ce jumeau numérique.

Après la conception 3D, ainsi que l’animation et l’intégration des process de transformation et de production, le jumeau numérique est connecté en temps réel à l’usine par de multiples biais (internet des objets, partage de données  …). « Tout a été scanné, intégré et animé selon les flux, les observations et les actions des machines et des personnes pour recréer une usine digitale. Il s’agit ensuite de déployer nos algorithmes pour optimiser les flux, les comparer, changer un paramètre et voir le résultat. En virtualisant l’usine, cela permet d’intervenir directement sur elle, par exemple à distance il est possible de programmer une nouvelle opération ou de commander un robot qui est dans l’usine. C’est aussi la possibilité d’effectuer des simulations et de s’en servir pour de la formation. Ces visualisations sont possibles depuis une tablette, un casque de réalité virtuelle, un téléphone, seul ou de manière collaborative. C’est un outil transversal, pour faire parler production et direction, pour améliorer la productivité, l’ergonomie et le bien-être au travail. »

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L’usine digitale

L’objectif de celui développé pour LVMH, pour le site Hennessy de Salles-d’Angles était de valider l’implantation de chaque service, de chaque machine dans cette nouvelle usine. « Et ainsi d’être bon du premier coup, note Marc Bagur. Le groupe avait ainsi à disposition un outil de simulation pour que l’ensemble des parties prenantes puissent se comprendre et optimiser la configuration des lieux. C’était aussi un moyen de former les fournisseurs et sous-traitants. »

Découlant de cette plateforme, Iteca a également développé un logiciel d’aide au diagnostic, Witty 3D et un logiciel dédié à la numérisation de l’amélioration continue, Numac. « Ce dernier s’adresse aux grands groupes, mais aussi aux PME. Un ou des utilisateurs vont renseigner toutes les données de production d’une pièce. Nous créons ainsi des data, qui seront ensuite analysées pour répondre à des problématiques de sécurité, de qualité, de performance … Cette digitalisation de l’ensemble de la chaîne doit, à terme, permettre d’avoir une information en temps réel sur la production. »

L’entreprise mène aussi des réflexions sur la robotisation avec le laboratoire P’Prime ou encore le LaBRI (Laboratoire bordelais de recherche en informatique). Pour mener à bien les nombreux projets et accélérer ses recrutements, Iteca a démarré une levée de fonds. Elle devrait ainsi travailler pour un leader européen de l’énergie.

M. W.

Partenaire : Inovis asset management