La liberté, facteur de performance en entreprise

Publié le 23 juillet 2015 | Actualité / Coaching / Une

Christophe VincentWErigé en valeur de notre société, la liberté capitule peu à peu dans l’entreprise devant la tyrannie du « plus jamais ça » et le fameux principe de précaution. Face à un environnement économique et juridique mouvant, voire instable, les entreprises réagissent par la mise en place d’un système interne hyper contrôlé dont l’unique avantage est bien souvent de rassurer les dirigeants et les managers. Elles multiplient les règles, les normes, les méthodes, les contrôles, les tableaux de bord, les systèmes de « gourvernance ». Le taylorisme prospère dans les organisations, bien au-delà du secteur industriel qui l’a vu naitre.
Les intentions sont bonnes : la chasse au gaspillage, le zéro défaut, la profitabilité, la performance. Mais le système se révèle chronophage et coûteux, induisant des effets pervers et souvent contraires à l’objectif initial. Ainsi, le manager dépense une énergie considérable à rédiger son tableau de bord et justifier la couleur des « drapeaux », plutôt qu’à gérer son équipe et s’assurer de la satisfaction de ses clients. Le risque et le droit à l’erreur disparaissent des organisations, et avec eux l’innovation et la créativité. L’erreur est traquée, conduisant bien souvent à l’apparition de nouveaux contrôles, qui feront eux-mêmes l’objet d’une surveillance accrue. Une hiérarchie pléthorique et des experts méthodes et qualité ont investi l’entreprise, expliquant aux collaborateurs quoi faire, comment le faire, et surveillant la mise en œuvre.
Etouffé et contrarié par l’ensemble des contraintes, le potentiel intellectuel humain en entreprise n’est que partiellement exploité. Le patron de 3M, William L. McKnight l’expliquait dès 1924 : « si vous mettez des barrières autour des gens, vous obtenez des moutons ». On assiste à une déresponsabilisation du personnel, une démobilisation progressive.
A l’opposé de ces organisations castratrices, certains dirigeants visionnaires ont  choisi de libérer le potentiel de leurs collaborateurs en supprimant toutes contraintes inutiles. Ils ont renoncé, pour eux-mêmes comme pour leurs collaborateurs, à tout symbole et toute pratique empêchant les personnes de se sentir égaux. Ils partagent activement leur vision de l’entreprise, permettant aux salariés de se l’approprier pour agir librement dans le cadre de cette vision. Ils écoutent leurs salariés et communiquent ouvertement en transparence, les bonnes nouvelles comme les moins bonnes. Ils mettent ainsi en place un environnement qui libère l’autonomie, la créativité, la prise de décision, l’autorégulation, renforçant le travail d’équipe et apportant sérénité, confiance en soi et envers les autres. Ils encouragent la prise de risque et l’initiative personnelle. Ils réhabilitent le droit à l’erreur, source d’innovation. En libérant leurs salariés, ces entreprises ont vu leur performance et leur profitabilité augmenter considérablement.
Malgré les excellents résultats enregistrés par ces organisations, la voie de la liberté en entreprise est rarement mise en œuvre. Elle bouscule en effet notre éducation et nos habitudes, enfermées dans une vision hiérarchique top-down. Elle remet en question le rôle et le pouvoir du management intermédiaire, qui oppose souvent la plus grande résistance. Certes, cette voie n’est pas simple à emprunter. Elle ne convient pas à tout le monde, dirigeants comme collaborateurs.
Il n’existe pas de méthode, tout au plus quelques principes à avoir à l’esprit. Pourtant, elle mérite d’être envisagée et répond clairement à l’exigence des nouvelles générations.

Christophe Vincent

Partenaire : Inovis asset management