L’aéronautique régionale se dessine au Salon du Bourget

Publié le 24 juillet 2017 | Actualité / en Poitou-Charentes

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La Nouvelle-Aquitaine avait convié 66 entreprises régionales de l’aéronautique et de l’espace à exposer au Salon du Bourget sous la bannière du pôle de compétitivité Aerospace Valley, dans un espace partagé avec l’Occitanie. L’occasion de dresser le profil de la filière et de réfléchir à sa structuration sur le territoire.

Le grand rendez-vous des entreprises de l’aéronautique et de l’espace, c’est le Salon du Bourget, qui se tient tous les deux ans et cette année du 19 au 25  juin. La Région Nouvelle-Aquitaine avait convié 66 entreprises à exposer sur le stand commun qu’elle tenait avec l’Occitanie sous la bannière du pôle de compétitivité Aérospace Valley.

La région est la 3e de France dans le secteur de l’aéronautique et de l’espace et entend bien consolider ses atouts, renforcer et développer la filière. L’aéronautique en région représente 900 établissements, 70  000  emplois, 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires, mais des points restent encore à consolider. « Nous devons augmenter le nombre d’ingénieurs en région, souligne Alain Rousset, le président de la Nouvelle-Aquitaine. Bordeaux ne doit pas concentrer toute la formation, au contraire elle doit être présente dans tous les bassins d’emplois. Nous sommes en train d’avancer sur le sujet. J’ai demandé à l’Ensma de travailler sur ce projet, mais le dossier n’est pas encore assez mûr. » Agnès Paillard, la présidente d’Aérospace Valley va dans le même sens : « Nous soutenons la création d’une école d’ingénieurs. De nouveaux enjeux sont à couvrir, il faut s’en emparer. Il faut y associer l’Ensma pour porter cette dynamique. »

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Des sujets à travailler

Pour Alain Rousset, d’autres projets sont aussi en cours : « Nous réfléchissons à un institut régional de l’aéronautique et de l’espace pour rassembler et animer la filière avec tous les dispositifs. Il nous faut également structurer la sous-traitance sur le territoire. Des réunions avec les grands donneurs d’ordres sont menés en ce sens. Sur le sujet de la maintenance, les investissements dans la formation pour une main d’œuvre qualifiée, avec notamment le campus, sont un outil indéniable d’attractivité. La fabrication de batterie et la question du stockage de l’énergie sont aussi des thématiques à soutenir. Enfin, des applications de l’aéronautique peuvent aussi se transposer à d’autres secteurs, comme par exemple au ferroviaire et au guidage des trains. »

Une cohabitation compliquée

Le pôle de compétitivité Aérospace Valley s’étend désormais sur les nouveaux territoires du Poitou-Charentes et du Limousin. Une extension de zonage a été officiellement demandée pour que les entreprises des nouveaux territoires couverts puissent bénéficier des financements. Le conseil d’administration va intégrer des nouveaux membres de ces territoires, ainsi l’Ensma ou Stelia Aérospace à Rochefort pourraient rejoindre les administrateurs à la prochaine assemblée générale en septembre.

De l’autre côté, Aéroteam réunit 80 entreprises de l’aéronautique de Poitou-Charentes, soit 90 % des établissements de ce territoire. « Nous faisons un travail de proximité auprès des PME pour atteindre l’excellence demandée par les grands groupes, explique Jean-Yves Taboni, président d’Aéroteam. Nous faisons un travail de développeur économique. » Si pour l’instant les deux organismes cohabitent, les choses pourraient peut-être évoluer avec le changement de présidence d’Aérospace Valley et celle d’Aéroteam. Cette dernière reviendrait au directeur du site de Stelia, Thierry Kanengieser (qui serait également administrateur du pôle de compétitivité).

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« Nous sommes en contact depuis deux ans avec Aéroteam, souligne Agnès Paillard. Nous ne sommes pas du tout sur les mêmes métiers, les mêmes missions. Aérospace Valley est un pôle de compétitivité, qui traite recherche et innovation. Aéroteam est un groupe d’entreprises qui échangent, se rencontrent, font tout pour mieux se connaître et travailler ensemble. Nos missions s’ajoutent, mais ne s’empilent pas. Après, il faut bien avoir conscience qu’avec ses nouveaux découpages, Aérospace Valley couvre un quart de la France. Cela ne peut pas fonctionner si nous n’avons pas des espaces de rencontres réalistes. Nous venons par exemple de recruter une personne sur Bordeaux qui va aller au devant des entreprises. Nous nous appuierons sur Aéroteam sur d’autres actions. »

Alain Rousset a tenu à préciser : « Le pôle, c’est d’abord le ressourcement de nos entreprises. L’important dans les programmes, c’est que des PME soient associées. Il n’y a pas de peur à avoir sur une concentration à Bordeaux ou un empilement des structures. Mais il faut un lieu pour toutes les entreprises de la région sur ce secteur. Il y a de vraies complémentarités à développer, mais cela nécessite du temps. Il faut inventer une formule pour une gouvernance régionale de notre filière incluant tout le monde. Il nous faut brancher les pôles avec la recherche, la formation et mettre tout cela en mouvement. »

M. W.

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