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L’engrais est dans le pot avec Poethic

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L’engrais est dans le pot avec Poethic

Poethic va commercialiser des pots biodégradables et les fabriquera à Bonneuil-Matours. L’usine est en train de s’installer. Atout supplémentaire, ce pot apporte de la matière organique bénéfique à la croissance de la plante.

C’est un site qui renaît peu à peu de ses cendres. Une nouvelle ligne de production se monte dans une partie des anciens ateliers de la menuiserie SCA Wood (ex-PLF, Poutres et lambris de France) qui avait été ravagée par un incendie en juillet 2018. Cette nouvelle usine fabriquera les pots biodégradables Poethic. 

Tout est parti d’un partenariat entre BioPlasmar, start-up spécialisée dans la recherche et le développement d’alternatives biologiques et durables remplaçant les matières plastiques, et SEDE Environnement, filiale du groupe Veolia qui propose des solutions pour valoriser les boues, les biodéchêts, les déchets verts des collectivités et entreprises. « De nombreux brevets avaient été déposés, mais ils n’étaient pas exploités. Avec Poethic, nous avons réussi à transformer une innovation en produit, à industrialiser un procédé issu de la recherche », explique Guillaume Ribes, directeur de Poethic. 

Cet objet, c’est un pot de fleur biodégradable. Il vient ainsi remplacer les pots à usage unique servant au transport des plants. Une fois le pot et la plante mis dans le sol, le pot met 5 à 8  semaines à se décomposer et ne laisse pas de déchets. Il est élaboré à partir de compost, de résidus de bois  … avec un revêtement spécifique lui aussi biodégradable. 

En plus d’être écologique, le pot apporte de la matière à la plante. Accrédité par l’Ademe (l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), le projet a pu bénéficier d’un programme de l’Inrae (l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) pour des recherches agronomiques. « Ce pot a un intérêt pour la plante. Il y a une meilleure germination, plus de biomasse (feuille, racine, tige) de la plante par rapport à une mise en terre sans pot. Il est peut-être moins beau qu’un pot en plastique, mais la plante sera plus belle. »

Construire une usine

Après la mise au point de la recette et de son processus industriel, aujourd’hui, le projet se concrétise. Le site de Bonneuil-Matours a été acheté en février et depuis mai, Guillaume Ribes s’emploie à le rendre fonctionnel. Entre la mise aux normes et les machines, 2,8 millions d’euros vont être investis sur place. Si pour l’instant, ils sont trois personnes dédiées au projet, dès mars 2021, huit à neuf salariés devraient opérer sur place. Le terrain a été sécurisé, les bâtiments aménagés (électricité refaite, pose de portes coupe-feu …) et les premiers appareils sont en cours d’installation. Toute une ligne de production est créée : stockage de la matière première (issue du département), broyage, mélange des différents ingrédients, presse, cuisson, stockage final … Les 2,5 ha dédiés à Poethic abrite 7  000  m2 d’ateliers (avec 3  000  m2 de stockage) et 150  m2 de bureaux. 

Les premiers tests sont en cours et les premières productions sont prévues pour mi-octobre. « Nous réalisons actuellement les premiers essais industriels en conditions réelles. Il y a forcément des ajustements, des problèmes et des ratés quand on construit une usine, mais nous espérons pouvoir démarrer effectivement la production début novembre, indique Guillaume Ribes. Nous visons les 10 millions de pots en 2021. Et notre objectif est de produire 35  millions de pots en 2023. » Les chiffres peuvent paraître importants, mais la France écoule chaque année 400  millions de pots de fleurs, quand les Pays-Bas en consomment 1,5  milliard. Pour les écouler, des contacts ont déjà été pris avec des distributeurs, des pépiniéristes …

Des contacts que Poethic espère transformer grâce à l’appui du concours CréaVienne pour lequel la société a obtenu le  prix Création et International. « En tant que créateur, il ne faut pas compter ses heures et bien s’entourer. Le concours CréaVienne nous permet de nous intégrer à un réseau local, de nous identifier auprès des acteurs de proximité comme des collectivités, des administrations et de pouvoir ensuite dialoguer avec eux, constate Guillaume Ribes, directeur du site. C’est aussi la reconnaissance du projet par d’autres chefs d’entreprise, d’autres industriels. »

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