L’Espace Mendès-France partage les sciences depuis 30 ans

Publié le 12 février 2019 | Actualité / Loisirs et détente / Une

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En 2019, l’Espace Mendès-France fête ses 30 ans, trois décennies de partage de culture scientifique, d’ouverture, d’expérimentations, de collaborations et de transmission.

Inauguré le 26 janvier 1989, l’Espace Mendès France fête en ce début d’année ses 30 ans. « Tout avait commencé bien avant la construction de ce bâtiment, rappelle Didier Moreau, directeur de l’établissement depuis juin 1991. A cet emplacement, il y avait auparavant un lycée en friche, régulièrement squatté. Dans les années 1980, plusieurs chercheurs de l’université de Poitiers vont avec leur projet scientifique à la rencontre des habitants, dans les quartiers, dans les villages. Ils voulaient démontrer que la science était accessible par tous. » Une association de préfiguration est créée. Ce site à reconquérir deviendra le lieu d’implantation du projet. « L’idée était de construire un lieu de transmission des savoirs et non un musée, d’avoir une véritable maison des sciences avec un accueil diversifié entre ceux qui font la science et les citoyens. L’échange était et restera la clé de voûte du système. »

Un espace pluridisciplinaire

En 30 ans, l’Espace Mendès France a connu de nombreuses évolutions, mais cet esprit de partage autour des sciences est resté. Décloisonner les sphères, faire se rencontrer les personnes, voilà la ligne que s’emploiera à maintenir Didier Moreau. Il y a l’ouverture du planétarium en 1992. Et dès 1993, il initie la création du pôle Info-Santé avec ce dialogue entre praticiens et patients. Il lance en

1995 la territorialisation de l’établissement en signant des conventions avec les villes et les départements. En 2000, des débats sur “l’industrie de la connaissance” sont lancés, portant sur le multimédia. En 2009, le Lieu Multiple fait son apparition comme pôle d’expérimentation du numérique, permettant l’apparition de créations improbables, fruits de rencontres entre artistes et scientifiques. Durant la dernière décennie, la régionalisation est également enclenchée. « Mon rôle est d’essayer d’inscrire cette maison dans un territoire pour mobiliser les personnes. La notion de pluridisciplinarité a toujours été primordiale. Je m’implique beaucoup dans tout cela car je pense que la résolution des problématiques actuelles se fera dans la recherche, mais surtout dans la mobilisation des acteurs en dehors de leur thématique. L’avenir est au lien entre connaissances et territoires. En faisant du lien, il est possible de répondre à des problèmes quotidiens comme plus larges. » Il cite ainsi exemple de l’Ensi qui a répondu à une problématique du conseil municipal d’Angoulême ou encore du maire de Saintes qui réfléchit au devenir de ses arènes en échangeant avec le site de Sanxay.

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Aller sur les territoires

Petit à petit, le programme s’est enrichi, notamment grâce à des demandes extérieures. « Nous devons constamment faire évoluer l’offre en anticipant les besoins des citoyens. » L’établissement accueille chaque année 150 à 155  000 personnes, dont 75  à 80 000 hors les murs. Les jeunes et les scolaires représentent 40  % de des publics. « S’il n’y a pas de culture scientifique sans scientifiques, il n’y en a pas non plus sans territoire. Nous mettons à disposition des médiathèques, des maisons de quartier, des mairies qui ont envie de sciences nos méthodes, nos réalisations pour que chacun est accès aux connaissances. » Ainsi, l’Espace Mendès France monte des actions à Saintes, Confolens, Angoulême comme à Saint-Georges-de-Didonne. « Ce qui se passe en ville peut se passer à la campagne. »

Pour produire et transmettre, un important travail de veille est réalisé dans les laboratoires, avec la participation active de chercheurs, en partenariat avec les universités et les organismes de recherche. « L’enjeu est d’expliquer le progrès à tous, la production technique, mais aussi humaine, sociale. Participer au progrès collectif, c’est créer du rapprochement, souligne Didier Moreau. Le monde est complexe et il ne peut pas y avoir de réponse univoque. Aujourd’hui, il faut regrouper et recouper les savoirs pour répondre à une problématique. La complexité se résout par la collaboration. Cette maison a toujours cherché à développer les participations croisées. Toutes les sciences y ont leur place. »

Ce travail d’éducation, de culture passe par la construction d’expositions, de spectacles, d’animations, d’ateliers, l’élaboration de supports. Si aujourd’hui, il s’agit de conforter ce qui fonctionne, en parallèle, l’Espace Mendès France explore de nouvelles façons de traiter un sujet, de transmettre, de nouveaux supports … « Nous nous sommes par exemple rapprochés de Youtubeurs pour nous renouveler. Il faut combiner des aspects ludiques et scientifiques, expérimenter pour assurer la continuité de la transmission. Il faut toujours alimenter ce mouvement d’amélioration continue pour être proche de nos publics. » Les perspectives sont au niveau régional. Un consortium des quatre établissements de promotion de la culture scientifique en Nouvelle-Aquitaine a été créé pour repérer les pépites de chaque territoire et les transmettre aux autres. Là encore, il s’agit de coopérer, partager et transmettre.

M. W.

Plus : emf.fr.

A savoir

Depuis son ouverture au public, fin 1989, le centre a reçu ou touché plus de 2,9 millions de personnes et invité environ 3 000 chercheurs et spécialistes pour présenter les résultats de la recherche, partager les connaissances et débattre avec les citoyens sur des thèmes très variés. plusieurs centaines d’artistes ont également été accueillis pour des résidences, des spectacles et des expérimentations art-sciences. 98 grandes expositions ont té présentées depuis l’ouverture et des centaine de petites dans ou hors les murs.

A voir

Exposition Jeux de lumières – Jusqu’au 6 juillet

La lumière est un phénomène unique. Une onde, dont l’une des particularités est de se propager dans le vie. Un rayonnement électromagnétique qui peut se réfléchir, se réfracter, se diffuser … Pour les humains, la lumière est avant tout une expérience liée au « voir ». Destinée à tout type de public cette exposition s’adresse aussi aux tout petits qui pourront découvrir la lumière et jouer avec les ombres.

Exposition Tous humains – Jusqu’au 3 mars

Loin des clichés et des idées reçues, cette exposition s’appuie sur les recherches les plus récentes en génétique, biologie, paléontologie, archéologie et histoire. Elle propose un parcours accessible à tous.

Partenaire : Inovis asset management