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L’hôtellerie pourrait redémarrer début juin

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L’hôtellerie pourrait redémarrer début juin

Le Clos de la Ribaudière pourrait rouvrir pour début juin.

A Chasseneuil-du-Poitou, le Château du Clos de la Ribaudière s’est arrêté mi-mars, faute de clients. Depuis, le site est en sommeil. L’équipe d’une trentaine de personnes est en chômage partiel. « Je suis plutôt d’un naturel optimiste, mais la nuit les problèmes viennent me trouver. Pourtant, un fois que le jour se lève, les chefs d’entreprise trouvent des aspérités où se raccrocher, de nouvelles informations et avancent. Aujourd’hui, en tant que dirigeant nous devons nager dans des méandres inconnus. Il s’agit de traverser une rivière mouvementée, avec des rondins, des rapides  … et ne sachant pas vraiment quand et comment nous pourrons débarquer sur l’autre rive en sûreté. Mais, de plus en plus, nous commençons à entrevoir la sortie », estime Emmanuel Lortholary, le gérant de l’établissement.

Si le tourisme et la situation des hôtels n’ont pas été évoqués lors de l’allocution du Premier Ministre Edouard Philippe, les représentants professionnels (UMIH, GNI-HCR, le réseau des Collectionneurs, celui du Logis Hôtels …) travaillent parallèlement avec les ministères pour avancer. « Je suis les travaux de différentes commissions professionnelles. Cela me permet de remplir les cases, qui sont incomplètes aujourd’hui. C’est par la mutualisation que nous traverserons cette étape. Nous nous faisons passer les informations, c’est indispensable pour échafauder la suite. »

Réouvrir en juin

Justement pour la suite, Emmanuel Lortholary s’est fixé comme objectif début juin pour rouvrir la partie hôtellerie de son établissement. « Les choses sont en train de se mettre en place. Le tourisme d’affaires pourrait repartir en premier. Avec le déconfinement partiel, j’espère que les départements de la Nouvelle-Aquitaine feront partie de ceux libérés le plus tôt, sachant que la région est l’une des moins touchée. »

Sur le restaurant par contre, il n’a pas plus d’information. Un service en chambre devrait être prévu pour les résidents. « Au restaurant, nous réfléchissons à un nouvel agencement pour créer un véritable espace autour des tables, au téléchargement des menus sur le smartphone, la venue uniquement sur réservation avec un horaire d’arrivée différent pour chacun, un lavage des mains renforcé … Nous sommes déjà très transparents sur nos méthodes, nous devons aller encore un peu plus loin. Il y aura en tout cas toute une batterie de mesures à mettre en place pour assurer la sécurité sanitaire. La législation se construit au fur et à mesure que nous avançons. Nous nous adaptons constamment, c’est cela qui est complexe. Cela fait partie du lot des nouvelles expériences. »

Pour le spa du Clos, l’agence régionale de santé a demandé que toutes les piscines intérieures comme extérieures soient fermées (et donc les hammams et saunas). Cette partie est donc aussi à l’arrêt. Du côté des soins esthétiques, pour l’instant le secteur attend la validation des fiches sanitaires et les nouvelles règles à mettre en place. « Le spa a ouvert il y a un an et demi, après d’importants investissements. Nous commencions à avoir une clientèle régulière et à trouver un équilibre … Cela est remis en cause, d’autant que les frais énergétiques continuent à courir sur ce bâtiment, sans rentrée d’argent en face. »

Des aides spécifiques

Sur les aides, le secteur bénéficie de tous les dispositifs mis en place par le Gouvernement, mais il pourrait aller plus loin en annulant (au lieu de reporter) des charges fiscales et sociales sur les mois concernés par le confinement. « Pour l’instant, avec le recourt au chômage partiel, les salaires sont pris en charge par l’Etat. Sur ce point donc nous n’avons pas de charges. Il faudrait une annulation des charges patronales et salariales au-delà de ces mois-là. Après, parmi les charges, il y a aussi la contribution foncières des entreprises, l’impôt sur les sociétés  … La CFE est par exemple un gros sujet pour mon établissement, et une exonération partielle ou totale, nous aiderait à passer la tempête. » L’établissement a pu bénéficier d’un prêt garanti par l’Etat. « Mais c’est une épée de Damoclès qui va se représenter dans un an. Ce sera le deuxième effet à surveiller. »

En attendant …

« Nous avons hâte que les clients reviennent. » L’établissement a mis en vente des offres spéciales ces dernières semaines pour obtenir un peu de trésorerie. « Ces coffrets cadeaux, c’est l’assurance que les clients viennent ensuite. C’est un pansement pour récupérer un peu de trésorerie, en attendant de rouvrir et pour payer le comptable, quelques frais fixes  … car nous n’avons aucune rentrée d’argent. »

Le Clos de la Ribaudière participe à l’initiative “Des chefs pour les soignants”. Ils ont livré mercredi matin leur dernière participation à cette belle opération. « C’est montrer une fois de plus que c’est ensemble que nous pourrons nous en sortir, estime Emmanuel Lortholary. L’époque était plutôt à l’individualisme, avec cette pandémie, c’est le collectif qui prime. C’est en échangeant sur nos pratiques, en se concertant, en respectant ensemble les consignes, que collectivement nous nous en sortirons. »

+ : Notre article : Tourisme : vers une ouverture maîtrisée

Plus de détails sur les offres sur la page Facebook du Château du Clos de la Ribaudière.

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