L’industrie, parent pauvre de Charente-Maritime

Publié le 25 septembre 2018 | Actualité / en Poitou-Charentes

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En Charente-Maritime, l’industrie pèse peu en comparaison des services, du tourisme et de l’agriculture. Pourtant les entreprises se portent bien, mais elles peinent à recruter.

8 175 postes sont à pourvoir dans l’industrie en Charente-Maritime selon la lettre de conjoncture du mois de juillet de Pôle Emploi. Le ferroviaire, l’aéronautique, le nautisme ou la sidérurgie sont les principaux pourvoyeurs de postes. Cela peut paraître beaucoup, mais c’est en fait assez peu en comparaison des autres secteurs d’activité du département. L’agriculture recherche ainsi 21 148 collaborateurs, le commerce 26 440 et les services … 178 506, hors intérim, mais en comptant les emplois saisonniers. Sur ce territoire extrêmement touristique, l’industrie fait clairement figure de parent pauvre. Elle ne représentait que 5,8  % de l’emploi en Charente-Maritime en 2015 selon l’Insee.

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« Evolution progressive »

Malgré cela, « la période de janvier à avril 2018 a été très bonne pour l’industrie manufacturière. Elle a augmenté de 4,4  % par rapport à 2017, salue Emmanuel Vidal, vice-président de l’Ordre des experts comptables de Poitou-Charentes-Vendée. Il y a, de nouveau, une forte demande industrielle, que l’entreprise soit sous-traitante ou commanditaire. Cela veut dire que les plus grosses entreprises industrielles ont une forte demande aussi. On voit vraiment une évolution progressive, on n’est pas sur un épiphénomène, c’est très positif. Mais le second trimestre devrait être moins favorable, selon la Banque de France. On risque d’avoir une petite baisse avec le mois de mai et les grèves. »

Pénurie de main d’œuvre

Autre motif de crainte, la pénurie de main d’œuvre. La chaudronnerie et la métallurgie recherchent des candidats, l’industrie nautique manque de stratifieurs, de peintres ou encore de charpentiers et le réparateur naval Lecamus est dans l’impasse également. Plusieurs problèmes se posent. La formation initiale n’attire plus les jeunes, les entreprises rechignent à former elles-mêmes ou encore à prendre des apprentis et les commandes (particulièrement dans le ferroviaire) sont très aléatoires, ce qui entraînent de grandes fluctuations de chiffre d’affaires. Quant à l’intérim, il coûte plus cher.

Pour Emmanuel Vidal, les fédérations d’industrie doivent travailler sur la communication sous peine d’être pénalisées. « Et pourtant les salaires sont bons dans l’industrie alors que dans les services … »

O. G.

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