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NextAlim lève 7 M€ pour l’élevage d’insectes

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NextAlim lève 7 M€ pour l’élevage d’insectes

Pour nourrir les animaux, la société NextAlim parie sur l’élevage d’insectes et répond en même temps à un deuxième enjeu : valoriser des biodéchets. L’entreprise vient de boucler une levée de fonds de 7 millions d’euros pour construire une nouvelle unité de production.

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Pour nourrir les animaux, la société NextAlim parie sur l’élevage d’insectes et répond en même temps à un deuxième enjeu : valoriser des biodéchets. L’entreprise vient de boucler une levée de fonds de 7 millions d’euros pour construire une nouvelle unité de production.

Comment nourrir hommes et animaux, quand la surface agricole tend à réduire ? C’est le défi auquel s’attaque NextAlim, à Poitiers. « Nous cherchons à proposer une solution industrielle face au stress des protéines, explique Jean-François Kleinfinger, fondateur et dirigeant de l’entreprise. Le niveau de vie augmente et nous consommons de plus en plus de viande au niveau mondial. » L’objectif est donc de trouver des sources complémentaires pour l’alimentation animale. « En France, le besoin est de 22 millions de tonnes, et beaucoup sont importées. »

Autre constat : « En bout de chaîne, que ce soit dans les champs, dans l’industrie de transformation ou au niveau distribution, on ne sait pas produire sans perte. En transformant ces “restes” en protéines, on pourrait combler une partie de ce besoin en nourriture et notamment en élevant des insectes. L’idée me vient en regardant Home de Yann Arthus-Bertrand en 2010. J’apprends qu’il faut plusieurs kilos de poissons sauvages pour produire un seul kilo de poisson d’élevage et qu’il est urgent de trouver des sources alternatives. D’autres pays introduisent déjà des insectes dans la nourriture humaine ou animale et je ne suis pas le seul à m’intéresser au sujet. »

La black soldier fly

Le projet prend corps en 2013. A l’image de son précédent métier d’ingénieur en mécanique travaillant dans l’intelligence artificielle, Jean-François Kleinfinger assemble différents éléments pour mettre en place un élevage d’insectes. Matériel, réglementation, biologie … peu à peu, il monte avec son associé Raphaël Smia, une installation, contacte toutes les parties prenantes de cette nouvelle filière. « C’est un projet à multiples facettes pour arriver à transformer des biodéchets en aliments pour animaux. » Après avoir tout lu sur les insectes, il fallait une preuve par l’exemple. Tout débute dans une grange près de Nantes, avant de monter un premier laboratoire à Fleuré. Il se concentre sur l’élevage de la mouche soldat noir, la black soldier fly. « C’était pour nous la candidate idéale : elle est totalement inoffensive, se reproduit très bien, a une bonne vitesse de croissance, n’est pas vecteur de microbes, ne se nourrit pas une fois adulte … Elle a toutes les qualités qu’il nous faut. » Autre atout, son profil nutritionnel est bon. « Il est assez proche de celui de la farine de poissons. »

Côté réglementation, l’élevage d’insectes est soumis au même règle qu’un élevage de mammifères. Ainsi, la black soldier fly ne sera nourrie que de fruits, légumes, céréales, et autres matières végétales et surtout pas  — même si cela entre dans sa chaîne alimentaire dans la nature — de matières carnées, de fientes ou de lisier. De même, depuis les scandales de la vache folle, aucune protéine animale ne peut entrer dans l’alimentation des animaux terrestres, ce qui fait qu’actuellement les poules et les autres animaux terrestres ne peuvent manger des protéines d’insectes. « Cette règlementation n’est pas totalement adaptée. Cette interdiction s’appliquait aussi aux poissons d’élevage pour des détails règlementaires qui n’ont été levés que depuis le 1er juillet 2017. »

Du pilote industriel à l’unité de production

Le résultat de son expérimentation est positif. Le concept intéresse l’association Sister et notamment l’hôtel Alteora, le Futuroscope … Fort de ce soutien, l’entreprise réalise une première levée de fonds et obtient le soutien de la Région, de l’Ademe et de business angels, puis du Programme des investissements d’avenir et réunit 4,6  M€ pour monter un prototype industriel à Poitiers. « Nous produisons actuellement une tonne d’insectes par semaine, souligne Jean-François Kleinfinger. Nous avons montré notre capacité à produire, nous devons maintenant monter en puissance pour arriver à 10  t par jour. » Ainsi, NextAlim vient de boucler une deuxième levée de fonds de 7 M€ auprès d’industriels et de fonds publics, pour créer un nouveau bâtiment et ainsi passer d’un prototype industriel à une unité de production, toujours sur la zone de la République à Poitiers. Ce nouveau site de 4  500 m2 devrait sortir de terre en avril 2018. Des embauches devraient venir renforcer l’équipe de 10  personnes. « Au même titre que sur chaque territoire, il peut y avoir un composteur ou un méthaniseur, l’objectif est d’avoir une unité d’entomoculture territoriale. Là où il y aura les gisements suffisants, nous irons nous installer. » Le secteur est en train de se structurer. « Sur l’élevage d’insectes, on ne sait rien comparativement aux autres animaux, on en apprend chaque jour. Il faut être à l’écoute. Il y a une compétition internationale, les plus avancés sont les Sud-Africains, les Canadiens, les Chinois sont impressionnants également. A nous de faire nos preuves, mais nous croyons en ce projet, en de belles perspectives pour qu’existe une filière d’entomoculture française. 

M. W.

Plus : www.nextalim.com.

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