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« Nous, nous prenons nos responsabilités »

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« Nous, nous prenons nos responsabilités »

L’aéroport de Poitiers va fermer ? Non, ce n’est pas d’actualité, mais l’annonce de l’arrêt des subventions de Grand Poitiers pour Ryanair a créé une vague de panique clamant la mort de l’aéroport. Pas de panique, pas de fermeture en vue, mais des conséquences lourdes pour l’infrastructure qui emploie une centaine de personnes. Le président du département et co-actionnaire du SMAPB*, Bruno Belin, donne son point de vue sur ce choix qu’il estime peu stratégique.

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L’aéroport de Poitiers va fermer ? Non, ce n’est pas d’actualité, mais l’annonce de l’arrêt des subventions de Grand Poitiers pour Ryanair a créé une vague de panique clamant la mort de l’aéroport. Pas de panique, pas de fermeture en vue, mais des conséquences lourdes pour l’infrastructure qui emploie une centaine de personnes. Le président du département et co-actionnaire du SMAPB*, Bruno Belin, donne son point de vue sur ce choix qu’il estime peu stratégique.

L’annonce de l’arrêt des financements de Grand Poitiers à Ryanair a engendré de nombreux tollés : « L’aéroport va fermer. », « Poitiers ne veut plus de son aéroport. » « La Vienne ne veut plus des Anglais. » … Beaucoup de choses ont été écrites ou dites, mais en réalité l’avenir de l’aéroport se jouera le 18 octobre lors du choix du nouveau délégataire. En attendant, le président du département et co-actionnaire de la SMAPB, Bruno Belin ne cache pas son mécontentement  : « C’est une vraie erreur d’appréciation. 60  % des passagers au départ de l’aéroport de Poitiers Biard voyagent à destination de Londres et Edimbourg, 80  % des lignes imports sont des Britanniques qui viennent voir leur famille en Vienne. La collectivité investit 15  € d’argent public par passager, or ils consomment bien plus sur place pendant leur séjour. Les retombées sur l’économie locale ne sont pas à négliger. De plus, en plein Brexit, au lendemain de la commémoration des Mosellans, nous, Poitevins, invitons nos amis anglais à se rendre à Limoges ou Bordeaux. »

Pas d’avenir sans lignes touristiques

Si les lignes low cost étaient amenées à disparaître, c’est l’ensemble de la structure qui risque d’en pâtir. « L’aéroport tourne 24h/24, il représente 100 emplois, si les lignes touristiques disparaissaient, les douanes ne resteraient pas et pourrions-nous juste garder les lignes sanitaires ? Je ne le pense pas. » Très inquiet de l’avenir de l’aéroport, le président du Département reproche au président de Grand Poitiers, Alain Claeys son attitude. « C’est comme pour l’arrêté des pesticides, c’est une pirouette. Comment peut-on dire que nous conservons l’aéroport, mais pas les lignes touristiques. Sans avions, un aéroport ne fonctionne pas. Nous avons établi un cahier des charges précis, trois candidats se sont positionnés pour l’exploitation du site. Si notre aéroport n’était pas attractif, nous n’aurions pas de candidature. Nous, nous prenons nos responsabilités. »

La fausse excuse du développement durable

Au-delà du coût que Grand Poitiers estime trop élevé pour les Poitevins, il faut savoir que ces lignes low permettent de faire de réelles économies pour les voyageurs. Il est possible de passer un weekend à Londres pour 100  €, pendant les lignes estivales, un aller Poitiers-Porto ne coutait qu’une trentaine d’euros pour 1h20 de vol. En voiture, le cout est de 150€ pour 12h de circulation sans compter les embouteillages. « Le renouvellement de la ligne La Rochelle-Poitiers-Lyon se fera avec des avions ATR 72 décrits par les spécialistes comme l’avion de transport régional le plus économique et le moins polluant. En France, le transport total représente 38  % des émissions de CO2, le transport aérien, intérieur et extérieur confondu, représente lui seulement 6 % de ces 38  %. Et, entre 2000 et 2018, le CO2 a diminué de 25  % par passager. C’est donc bien l’industrie aéronautique qui a fait le plus d’efforts. »

En attendant la semaine prochaine pour connaître le nom du délégataire, l’aéroport se projette en 2031 et escompte une recrudescence des passagers, de 130 000 en moyenne aujourd’hui, il vise les 180 000. Sans lignes touristiques, le pari reste compromis, mais le SMAPB mise sur une exploitation à douze ans au lieu de 5 ans pour réaliser les travaux d’envergure dont à besoin l’aéroport, tel que la piste estimée à 3,5 M€. « Si Grand Poitiers ne nous suit pas, il prendra la régie et cela lui coutera bien plus cher. »

Lydia De Abreu

*Syndicat mixte de l’aéroport de Poitiers-Biard

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