Safran E&D vise les étoiles

Publié le 23 novembre 2017 | Entreprises / Une

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Le site de Saint-Benoît de Safran Electronics & Defense a été choisi pour participer à la construction du plus grand télescope au monde. Avec une nouvelle unité de production, ce projet lui permet de se diversifier et de recruter 50 personnes.

ELT, trois lettres qui font rêver. L’extremely large telescope sera le plus grand télescope au monde. Commandé par l’European Southern Observatory, il sera installé au Chili à 3 046 mètres d’altitude. Ses miroirs permettront de capter 16 fois plus de lumière que les plus importants télescopes actuels, pour un objet 4  fois plus lointain. Avec, les chercheurs espèrent faire des progrès dans l’étude de la « proche banlieue » du système solaire (les exoplanètes), la naissance de l’univers et son expansion. Il devrait entrer en service en 2024.

Le contrat portant sur le polissage, le montage et le test de 4  des 5 miroirs de l’ELT, a été remporté par Safran Reosc, filiale de Safran Electronics et Defense. Et c’est le site de Poitiers qui a été choisi pour réaliser et polir les 931 segments optiques qui constitueront les 4 miroirs, dont le primaire faisant 39 mètres de diamètre. « Le polissage est si précis qu’un défaut sur un segment serait plus petit qu’une coccinelle ramenée à l’échelle de la France, souligne Frédéric, responsable de l’unité industrielle pour l’ELT. C’est un réel enjeu industriel, jamais au monde un tel miroir n’a été produit. »

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Un bâtiment et des hommes

Pour cela, le site de Saint-Benoît bénéficiait d’un atout : un bâtiment de 5 000 m2 inutilisé. C’est dans cet espace que va être installée une nouvelle chaîne de production dédiée au polissage des segments. 30 millions d’euros vont être investis. « Nous avons un an de travail devant nous pour concevoir cette unité, l’adapter, la penser pour que les moyens soient interconnectés, pour optimiser le travail. » Il faudra ensuite une autre année pour installer et calibrer les machines. Si tout va bien, le site sera opérationnel en septembre 2019. Des essais pourront alors être lancés, pour voir le premier segment optique sortir en janvier 2020. A raison d’un segment par jour, la totalité du contrat sera exécutée en 2023.

Le site de Saint-Benoît présentait un deuxième point fort : la proximité avec une installation existante et ses 450 salariés. « Cela permet de sécuriser la montée en compétences des équipes, explique Martin Sion, président de Safran Electronics & Defense. Il sera plus facile de construire des parcours professionnels, mais aussi d’envisager la fin de production. L’usine aura une cadence très soutenue pendant trois ans, mais pourra aussi nous ouvrir de nouveaux marchés. » 35  embauches seront réalisées sur 2017 et une cinquantaine de nouveaux emplois sont à prévoir pour les prochaines années. « C’est un nouveau chapitre dans l’histoire de ce site. »

L’entreprise s’est installée sur Saint-Benoît en 1974, elle s’appelait alors la SAT. En 1981, elle déménage sur le site de La Chaume et prend possession au fur et à mesure des 7 hectares pour atteindre 31 000 m2 de bâtiments. En 2005, la Sagem rejoint le groupe Safran et en mai 2016, le site est rattaché à Safran Electronics & Defense. La société est spécialisée en optronique et optique, elle fournit ainsi des jumelles, des caméras à vision nocturne ou infrarouge ou encore des modules de détection (qui équipent des drones, des missiles) pour la défense (70  %) et le civil ( 30 %), à l’étranger (50 %) comme au national (50 %). La précision et le savoir-faire des équipes ont fait la renommée du site. Des qualités que l’entreprise devra encore démontrer sur les miroirs du plus grand télescope au monde.

M. W.

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