Seekyo : la chimiothérapie de demain

Publié le 9 novembre 2018 | Entreprises

seekyo

La société Seekyo démarre une levée de fonds pour pouvoir réaliser les tests pré-cliniques validant l’efficacité de son médicament dans la lutte contre le cancer et développer son activité de collaboration avec les industriels pharmaceutiques.

Près de 400 000 personnes sont touchées par un cancer en France. Le nombre de décès est estimé à 150  000, ce qui correspond environ à un quart de la mortalité en France. A Poitiers, la start-up Seekyo développe des vecteurs thérapeutiques dans le domaine de l’oncologie. Elle s’appuie sur les travaux de l’équipe de recherche Systèmes moléculaires programmés (de l’IC2MP – Institut de chimie des milieux et des matériaux de Poitiers), dirigée par le Professeur Sébastien Papot, co-fondateur de la société. « Il s’agit d’amener le médicament sous forme inoffensive jusqu’à sa cible. Cela permet de réduire les effets secondaires, d’être plus sélectif dans le traitement des pathologies en cause et donc plus efficace, explique Oury Chetboun, président et cofondateur de Seekyo. Sur une molécule comprenant trois fonctions réactives — une plateforme moléculaire — les chercheurs greffent un agent anticancer, une structure de ciblage qui vise les cellules malades ou leur microenvironnement et une enzyme, gâchette enzymatique qui déclenchera la libération du médicament uniquement au niveau de la tumeur. Notre vecteur thérapeutique transporte donc de façon non-toxique, reconnaît la tumeur et active le médicament. L’innovation est là, il parcourt l’ensemble de l’organisme, et  réactive le médicament qu’il transporte  uniquement sur sa cible. Les résultats de ces chimiothérapies vectorisées sont très prometteurs. »

Seekyo travaille sur un candidat médicament (combinant le vecteur et un médicament). « Nous sommes sur des pathologies pour lesquelles il n’existait pas jusque-là de solution efficace. Nous sommes en train de tester différentes combinaisons  sur différents modèles de cancer. »

Pour financer les développements, la start-up passe également des contrats de collaboration avec des partenaires industriels. « Ils souhaitent mieux cibler certaines pathologies, notre plateforme peut les y aider en développant des vecteurs thérapeutiques uniques. Cela permet d’avoir de la réflexion scientifique à ajouter à nos propres recherches. »

De la recherche au médicament

Auparavant dans une phase d’incubation, Seekyo a officiellement vu le jour en juin. Société fille (spin-off) du laboratoire (unité mixte incluant l’université de Poitiers et le CNRS qui reste co-propriétaire des inventions futures), elle exploite le brevet. « D’autres sont en cours de développement. » La start-up mène actuellement une levée de fonds « pour nous permettre d’aller plus loin, plus vite ». Cet apport doit notamment servir à réaliser les tests pré-cliniques, pour valider les premiers résultats obtenus. « L’enjeu est d’amener le candidat médicament  en phases cliniques (tests sur l’homme), qui elles nécessiteront des tickets d’entrée très importants. Nous aurons ainsi dé-risqué la partie recherche et de grands groupes pharmaceutiques pourront prendre la suite. » Seekyo est à mi-chemin, et  espère bien atteindre cette ligne d’arrivée dans les trois prochaines années.

M. W.

Partenaire : Inovis asset management