Simedys améliore la formation des chirurgiens de demain

Publié le 9 novembre 2018 | Entreprises

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En recréant la circulation sanguine et la ventilation d’un corps, Simedys propose aux chirurgiens de se former en conditions « réelles ». Après avoir démontré la pertinence de son modèle, la société vient de vendre ses 4 premiers systèmes.

Cyril Brèque n’est pas peu fier, après plusieurs années de recherche et de mise au point, Simedys vient de livrer son premier système de formation aux chirurgiens à l’hôpital de Reims.

L’aventure a commencé en 2013. « Les étudiants en chirurgie ont la théorie par l’acquisition de connaissances et posent des diagnostics, mais il manquait un modèle pratique. L’idée était d’arriver à obtenir les mêmes conditions que dans un bloc. » L’équipe SimLife, composée de quatre personnes, se lance alors pour recréer la circulation sanguine et la ventilation d’un corps. Le système permet de réaliser des chirurgies de l’abdomen et du thorax sur des organes irrigués et ventilés. « Ce n’est absolument pas les mêmes sensations que sur des organes inertes. Avec notre système, les conditions se rapprochent du réel. » L’étape suivante était de créer une start-up pour diffuser cette innovation, « avec l’objectif aussi de rester à Poitiers ».

Le projet est incubé, il est lauréat du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche en 2016. L’avatar de sang est protégé. Peu à peu, le système est amélioré. Du prototype à la version finale, Cyril Brèque s’assure de trouver les bons fournisseurs. Il travaille par exemple avec la société Gape, basée à Vouneuil-sous-Biard ou Agiléo Automation, à Poitiers. Simedys est créée en novembre 2017. « C’est un modèle original, une entreprise universitaire ! » La société compte aujourd’hui 24 associés, avec une majorité d’universitaires, médecins et chirurgiens, « des personnes intéressés par le projet », mais aussi le CNRS. Elle a également le soutien de la Région et de bpifrance.

Des formations sur-mesure

Quatre systèmes ont déjà été vendus. Simedys développe également les outils pédagogiques, les scénarios. L’école francophone de prélèvement multi-organes organise ainsi des sessions de formation à Poitiers. 48 apprenants de la France entière et de spécialité différentes, encadrés par 20 personnes, viennent se former au prélèvement. « Aujourd’hui, chaque hôpital envoie son équipe pour prélever un organe. L’enjeu est d’harmoniser les pratiques, de les faire se rencontrer pour qu’ils travaillent ensemble, qu’ils apprennent à connaître les difficultés des autres. »

Sur le même principe, la société des chirurgiens cardiothoraciques vient aussi former ses internes sur place. Les équipes d’hôpitaux militaires suivent aussi des cours avancés de chirurgie en milieu externe, pour faire face à des blessures de guerre. « A partir de cette expérience pour les militaires, nous avons conçu pour l’Agence régionale de santé, une formation pratique pour les chirurgiens face aux victimes d’attentats », explique le Dr. Jean-Pierre Richer, professeur et praticien de chirurgie  digestive et directeur de l’ABS Lab (Laboratoire d’anatomie, biomécanique et simulation de l’université de Poitiers).Prochainement, Simedys va également aller présenter son système à l’armée allemande.

Chirurgies et numérique

« Notre force est aussi de pouvoir nous adapter au profil de l’étudiant, de créer de nouveaux scénarios, indique Cyril Brèque. D’autres projets R&D sont en cours. » Actuellement, l’équipe cherche à décliner ses formations selon différentes spécialités : chirurgie bariatrique, plastique, gynécologique, orl, neurochirurgie … et à couvrir l’entièreté du corps. « A terme, toutes les spécialités de la chirurgie pourraient être couvertes. Nous voulons conserver notre avance. En parallèle, nous intégrons de plus d’intelligence artificielle dans le système, avec des fonctionnalités automatisées permettant d’affiner les scénarios. »

M. W.

Partenaire : Inovis asset management