Stéphanie Guérin, des mathématiques à l’agriculture

Publié le 5 mars 2015 | Entreprises / Une

stéphanie guérin belous

La jeune femme est depuis un an co-gérante du Geac Les Belous à Floirac. Elle souhaite développer l’élevage bovin, mais aussi équin, proposer de la vente directe et des balades à cheval.

Lors du Salon de l’agriculture, Stéphanie Guérin s’est vue remettre des mains de Jean-François Macaire, président de la Région Poitou-Charentes, le trophée de jeune installée en système d’élevage durable et innovant. Une reconnaissance, « un encouragement pour l’avenir », qui fait plaisir au moral de la jeune femme.
Au début de sa carrière professionnelle, elle se tourne d’abord vers les mathématiques, suit des études jusqu’au master. Elle tente ensuite le concours de professeur des écoles. « Ça n’a pas marché. J’aurais pu me tourner vers d’autres débouchés, mais finalement je suis revenue sur l’exploitation familiale. J’en avais aussi envie. » Dans un premier temps salariée, elle s’occupe des animaux le jour et prends des cours par correspondance le soir. Elle obtient son diplôme agricole en juin 2013. Après des formations à la chambre d’agriculture de Charente-Maritime et le passage de son dossier devant plusieurs commissions, elle s’installe. Elle est depuis juillet 2014, co-gérante du Gaec Les Belous, avec ses parents. Un parcours long, mais nécessaire pour s’assurer de la viabilité de l’installation.
L’exploitation s’articule autour de trois activités. Avec 21 hectares de vignes, la production est transformée en eaux-de-vie revendues aux grandes maisons de cognac. « Pour nous diversifier et avoir une autre porte de sortie, nous réfléchissons à rentrer dans la production de vin de pays charentais. C’est un projet à cinq ans. »
Seconde partie, l’élevage de bovin viande, des blondes d’Aquitaine, vendues sous label rouge. Son projet a été d’augmenter le cheptel en passant de 45 à 90 mères. « Je souhaite également développer une partie vente à la ferme, pour avoir un contact direct avec le consommateur. Il y a une demande au niveau local et nous sommes à deux pas de la départementale entre Bordeaux et Royan. Ce sera forcément un plus. »
L’exploitation dispose également de 150 hectares de céréales (blé, orge, maïs, tournesol). En produisant aussi de la luzerne, la ferme est autonome pour nourrir les mères. « Et nous sommes sûrs de la provenance. » Le reste est destiné à la vente.

Vers le tourisme équestre
Avec la croissance du cheptel, il a fallu adapter le bâti. Un nouveau bâtiment agricole de 2 400 m2 a été construit en partenariat avec l’entreprise poitevine Technique Solaire. Sa toiture est couverte de panneaux photovoltaïques (fabriqués par VMH Energies, à Châtellerault). « C’était nécessaire pour améliorer nos conditions de travail et le bien-être des animaux. »
Dans les projets, Stéphanie Guérin souhaite aussi développer la partie tourisme équestre et élevage. « Depuis plusieurs années, nous avons des chevaux à titre privé. Pour amener encore une activité complémentaire, je propose désormais des randonnées à cheval, des balades en calèche. » Elle possède l’agrément d’accompagnatrice pour du tourisme équestre. « C’est un bon moyen pour faire découvrir, les marais, l’estuaire de la Gironde, des distilleries, les paysages alentours. » Disposant de juments et d’un étalon, l’objectif serait aussi de faire de l’élevage de fjord et de développer la race mulassière. « C’est une race régionale. J’aimerais ainsi participer à sa sauvegarde. » Ayant déjà un salarié pour la partie viticulture, l’objectif serait d’embaucher en CDI le jeune actuellement à l’essai pour l’aider sur la partie élevage et ainsi mener à bien ses projets. « Les jeunes ne doivent pas avoir peur de s’installer, même quand ils ne viennent pas d’une famille d’agriculteurs. Les femmes ont autant de volonté et ont leur place. »
Mathilde Wojylac

prix agriculture poitou-charentes

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