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La télémédecine se démocratise et gagne du terrain

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La télémédecine se démocratise et gagne du terrain

Le groupement de coopération sanitaire Esanté Poitou-Charentes coordonne toutes les expérimentations de télémédecine qu’il s’agisse de dépistage ou de prendre en charge un accident vasculaire cérébral.

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Le groupement de coopération sanitaire Esanté Poitou-Charentes coordonne toutes les expérimentations de télémédecine qu’il s’agisse de dépistage ou de prendre en charge un accident vasculaire cérébral.

Poitou-Charentes est le 4e territoire le plus âgé de France. Le nombre de personnes âgées dépendantes devrait augmenter de 38 % entre 2010 et 2030. La Charente-Maritime sera le territoire le plus marqué par cette évolution. Le Poitou-Charentes compte près de 500 ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes).

« La télémédecine est un vaste sujet, explique Jean-Christophe Drapier, chef de projet en charge du sujet au GCS Esanté Poitou-Charentes. Aujourd’hui, son développement ne dépend plus de soucis techniques, mais bien de la construction d’un véritable projet médical. La démarche doit combiner l’intervention d’experts et un besoin des demandeurs, l’ensemble répond à un manque. La télé-médecine répond à un triple enjeu : améliorer les conditions de soin du patient, réduire les coûts et sécuriser les soins. »

Le premier des besoins est un manque de radiologues. A Saintes, Saint-Jean-d’Angély, La Rochelle et Royan, faute de trouver les bonnes personnes, des services sont menacés. Pour pallier à cette situation, le manipulateur effectue les clichés qui sont ensuite envoyés sur une plate-forme. Des radiologues français s’engagent à examiner les clichés dans les délais et transmettent leur compte-rendu dans les temps. « Cela ne change pas la pratique, mais juste le fait que le praticien n’est plus sur place. C’est finalement assez simple à mettre en œuvre. » Une plate-forme régionale est également en cours de réflexion sur la télé-radiologie. Plus largement, elle pourrait s’étendre à la télé-imagerie en gérant les images des IRM et scanner, mais aussi en prenant en charge l’archivage sécurisé des données pour 10 ans.

Améliorer le dépistage

La télé-médecine peut également se déployer pour prendre en charge le dépistage de la rétinopathie-diabétique (RD). « C’est la plus grande cause de cécité chez les diabétiques de 60 ans et plus. Des tâches apparaissent sur l’œil, jusqu’au noir complet. Mais si le diagnostic est fait assez tôt, l’évolution peut être stoppée. » Dans ce cadre, un dépistage annuel est conseillé. Depuis 2014, outre l’ophtalmologue, la loi autorise l’orthoptiste à l’effectuer. Il réalise un fonds de l’œil et transmet les clichés à un ophtalmologue. Deux projets sont en place, à Rochefort et Lussac-les-Châteaux. Le CHU de Poitiers étudie la création d’un dépistage itinérant sur le Poitou-Charentes pour janvier 2017, en partenariat avec l’ordre des orthoptistes.

Avoir une expetise fiable

D’autres projets existent, dont un de télé-expertise sur l’étude des plaies, escarres et cicatrisations. Les photos et les données cliniques sont transmises de manière sécurisée au centre clinical de Soyaux, près d’Angoulême. « Une réflexion est en cours pour un outil unique sur cette spécialité au niveau de la grande région. D’autres installations sont en cours de déploiement. Ce système permet de réduire les hospitalisations inutiles, les déplacements inutiles et les délais de prises en charge, tout en garantissant la sécurité des données transmises. » Le centre de Soyaux serait le centre référent pour la Charente. Le centre hospitalier de Niort testerait aussi le système pour six mois. Sur le même principe, le CHU de Poitiers serait le référent Vienne.

Prendre en charge l’AVC

Un des grands projets de télé-médecine sur le territoire picto-charentais est la prise en charge de l’accident vasculaire cérébrale (AVC). Dans ce cadre les hôpitaux de Poitiers, Châtellerault, La Rochelle et Saintes ont été équipés. Ainsi, au lieu d’être dirigé systématiquement sur Poitiers, un AVC pris en charge au Nord du département pourra être accueilli à Châtellerault dans un box disposant de caméras et du matériel adéquat. Dans ce cas, un dialogue est établi avec un neurologue du CHU de Poitiers. « Plus l’AVC est pris en charge rapidement, moins il y a de séquelles. Dans ce cas, gagner du temps, c’est gagner des vies. Le dispositif va se déployer dans les deux ans à venir. Les unités pourront communiquer entre elles, le dispositif permet d’assurer les gardes de nuit.  D’autres besoins pourraient aussi être traités via cette plate-forme. » Le déploiement de dispositifs de télé-médecine ne fait que commencer.

M. W.

Site : telemedecine.esante-poitou-charentes.fr.

Dépistage Rétino Diabétique

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