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Tourisme : vers une ouverture maîtrisée

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Tourisme : vers une ouverture maîtrisée

Le secteur du tourisme est aujourd’hui à l’arrêt, mais le Gouvernement, conscient de l’importance de celui-ci pour la France, planche sur un plan de relance. La Nouvelle-Aquitaine plaide pour une réouverture maîtrisée.

Le tourisme générant 170 milliards d’euros de recettes chaque année pour la France, le Gouvernement prête une grande attention à ce secteur totalement à l’arrêt aujourd’hui. La France est sur le podium mondial en la matière et compte bien y rester. En cette période particulière, Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères est allé à la rencontre des acteurs touristiques lors d’un tour de France virtuel des régions. Il rencontrait ainsi les professionnels de Nouvelle-Aquitaine, le 24 avril. « Un plan de soutien et de relance au secteur touristique est en train d’être élaboré. Il est co-construit avec les Régions, les organisations professionnelles et avec l’avis du terrain. C’est l’occasion d’avoir leurs retours et de redire que le tourisme est une priorité nationale. Et cette réalité se traduit par des mesures d’accompagnement (activité partielle, prêt garanti, fonds de solidarité  …), mais aussi des dispositions spécifiques. »

Ainsi, les charges patronales sont exonérées de mars à juin pour les TPE et PME. Le fonds de solidarité a été élargi aux entreprises touristiques employant jusqu’à 20 salariés (au lieu de 10) et réalisant 2 millions d’euros de chiffre d’affaires (contre 1 M€). L’aide pourra ainsi aller jusqu’à 10 000 € (au lieu de 5 000  €). Certains peuvent bénéficier de l’exonération de la taxe de séjour pour la partie forfaitaire. Et les loyers ont été annulés pour les locataires des grands foncières.

Sur le prêt garanti par l’Etat, en Nouvelle-Aquitaine, 3 780 entreprises touristiques ont obtenu un prêt pour un total de 296 M€. Et des dossiers sont encore à l’instruction.

Faire face à l’urgence

« Il y a eu plusieurs phase. D’abord, face à l’urgence, le Gouvernement s’est mobilisé pour qu’il n’y est pas de défaillances et que les entreprises puissent maintenir leurs compétentes et les talents. Pour le tourisme, il s’agit avant tout d’accueil, de lien, d’humain. Il faut préserver ce capital humain à tout prix. L’activité partielle sera donc poursuivie, même au-delà du 11 mai, tant qu’elle sera nécessaire et notamment si la saison n’est pas au rendez-vous. » Jean-Baptiste Lemoyne a également fait état des discussions avec les banques et les assurances.

« Vient ensuite le temps de la résistance et la préparation de la relance. » Des protocoles sanitaires sont en cours d’élaboration qui devraient aboutir à des guides de bonnes pratiques validés par les ministères. Le prochain Comité interministériel du tourisme doit se réunir le 14 mai et actera les mesures complémentaires retenues par le Gouvernement. « Lors de cette réunion, une partie du plan de relance sera dévoilé, avec notamment des crédits pour accélérer les investissements en matière de développement durable et de digitalisation. Nous sommes également en discussion pour qu’une partie des crédits européens soient dévolus à la relance du tourisme européen. »

Reconquérir les touristes

Viendra ensuite le temps de la « reconquête », estime le secrétaire d’Etat. « Le secteur s’est toujours montré responsable en mettant en avant le slogan : Restez chez vous pour voyager demain. Les établissements sont restés ouverts pour les soignants ou les routiers. »

La reprise d’activité pourrait se faire pour début juin. « Il faut en parallèle rétablir la connectivité des territoires tout en donnant des assurances aux voyageurs. Nous retrouverons finalement un tourisme en circuit court qui s’appuiera sur les bassins locaux et régionaux. C’est un changement que certaines destinations, plus tournées vers l’international, devront prendre en compte. Il y aura une adaptation des offres et Atout France sera là pour informer les Français de ce qu’ils peuvent faire. »

L’impact régional

« Chaque mois, ce sont 10 à 15 milliards d’euros qui sont perdus, et autant de revenus pour les territoires. » Le tourisme en Nouvelle-Aquitaine représente 9 % du PIB régional. Le secteur compte plus de 20  000  entreprises qui emploient plus de 140 000 personnes, allant jusqu’à 400  000  salariés avec les emplois induits. « Nous avons un double enjeu à maîtriser, précise Alain Rousset, président de Nouvelle-Aquitaine. Nous poussons pour une réouverture maîtrisée de l’ensemble du secteur, mais parallèlement les touristes peuvent aussi concourir à la création de nouveaux clusters. Nous sommes parmi les régions les moins touchées, mais le tourisme est aussi un marqueur du territoire, notamment sur l’hôtellerie de plein air. Nous devrons être vigilants. » Le tourisme soulève d’autres sujets comme le transport, la propreté, la gestion des saisonniers … « Nous devons également profiter de cette crise pour accentuer le mouvement engagé vers un tourisme plus durable et être attentif à la transition écologique. »

+ : Le comité régional du tourisme propose des escapades virtuelles sur www.nouvelle-aquitaine-tourisme.com.

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