« Un hold-up du gouvernement »

Publié le 23 septembre 2014 | Actualité / en Poitou-Charentes / Une

la rochelle rochefort butel delaune charente-maritime10 millions de ponction pour La Rochelle, 3 millions pour Rochefort-Saintonge, les présidents des deux chambres de commerce et d’industrie de Charente-Maritime ont réagi à l’annonce d’Emmanuel Macron.

« Il s’agit d’un hold-up sur l’argent des entreprises », a lancé d’emblée lundi soir Robert Butel, le président de la CCI de La Rochelle en réaction à la confirmation par le ministre de l’économie du maintien dans la prochaine loi de finances d’un prélèvement de 500 millions d’euros sur les fonds de roulement des CCI.

« Pour nos deux CCI, cela représente 13 millions d’euros, 10 millions pour La Rochelle et 3 pour la CCI de Rochefort-Saintonge, a t-il détaillé. Angoulême devra payer 10 millions également et Cognac 900 000 euros. En revanche les CCI de Niort et Poitiers ne subissent aucun prélèvement, comme celles de Bordeaux et Nantes. Marseille donnera 2 millions, Lyon 4 millions, Morlaix 10 millions, Brest 15 millions. » Avant de dévoiler le mode de calcul (basé sur l’excédent par rapport à 120 jours de roulement pris sur l’année 2012), Robert Butel a d’abord parlé de calcul « fait au doigt mouillé. Comment croire que Bordeaux ou Nantes ont moins de 120 jours de roulement en caisse ? »

« Acter le manque de ressources »

« Environ 50 % des revenus de la CCI de Rochefort-Saintonge émanent des ressources fiscales, soit 5,14 millions d’euros, a poursuivi son homologue rochefortais Jean-Claude Delaune. Si le gouvernement réduit celles-ci de 37 % d’ici 2017, cela représente la moitié de notre budget de fonctionnement, soit 1,9 million. Où vais-je les trouver ? La formation coûte 1,1 million et l’appui aux entreprises 800 000 euros. Donc je ferme le centre de formation de Saintes. Si j’arrête l’appui, je ferme les cinq antennes locales et je supprime 70 emplois sur 113. Donc je suis chargé de financer les licenciements. »

A La Rochelle les 27 emplois détachés à l’aéroport pourraient disparaître, tout comme l’aéroport lui-même, Robert Butel ayant glissé qu’« une compagnie low-cost (Ryanair, même s’il n’a pas voulu la citer) s’est déjà renseignée ce matin et risque de supprimer ses liaisons », ce qui condamnerait l’infrastructure. Nombre d’investissements seraient supprimés également : 10 millions prévus sur l’aéroport justement, plus la construction d’un port à sec, l’agrandissement de Sup’ de co’, du centre de formation du Cipecma. « Ce n’est pas du chantage, c’est acter le manque de ressources », a t-il conclu.

O. G.

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