Bénédicte Boissinot, coup de jeune sur l’hôtel des ventes

Publié le 8 mars 2017 | Entreprises / Portrait

boissinot

Voici deux ans que la jeune femme a repris l’Hôtel des ventes de Poitiers, avec son associé Hervé Tailliez. La salle des ventes vient de subir un coup de jeune pour suivre les évolutions de la profession et accueillera le 11 mars une vente exceptionnelle de photographies de Robert Doisneau.

Déjà petite fille, Bénédicte Boissinot n’envisageait pas un autre métier. Aujourd’hui, elle est commissaire-priseur. Depuis janvier 2015, elle gère, avec son associé Hervé Tailliez, l’Hôtel des ventes de Poitiers. « Mon travail est d’expertiser, authentifier, cataloguer et vendre les pièces que l’on me présente. »

Cette Poitevine a commencé par des études d’histoire de l’art à Poitiers, puis enchaîné avec des études de droit à Paris. Ce double cursus lui a permis de passer le concours, puis d’accéder à la formation de commissaire-priseur. Après l’obtention de son diplôme en 2008, elle exerce à Paris, Blois et revient sur Poitiers en 2007, à l’Hôtel de ventes. « Tout s’est amorcé de façon logique, simplement. Pierre Ségeron souhaitait passer la main, j’ai repris la structure avec Hervé. Nous nous étions rencontrés quelques années plus tôt lors d’un stage. L’objectif était de réunir les forces, les moyens et les connaissances. » Tous les deux développent des spécialités complémentaires : les voitures anciennes pour Hervé Tailliez et le design, les arts décoratifs, plus généralement les arts du XXe siècle pour Bénédicte Boissinot. Les ventes de cartes, postales, timbres et monnaies font aussi partie de leurs thématiques.

Les objets proviennent de particuliers et de professionnels, d’une succession, d’un désencombrement … En se basant sur l’authenticité, l’état, le marché, le commissaire-priseur estime l’objet. Si le domaine est trop pointu, il peut faire appel à un expert. « Comme dans tout marché, il y a des tendances. Aujourd’hui, il est plus facile de vendre des meubles design, de l’art contemporain, que du mobilier rustique. » Après l’estimation de l’objet, il faut en faire la promotion, il y a donc toute une partie communication et mise en valeur. « Notre rôle est aussi de créer l’événement. » Il y a ensuite le temps de la vente. « Une vente ressemble beaucoup à une pièce de théâtre. » C’est une mécanique à faire ronronner. « Il faut laisser du temps aux gens pour qu’ils enchérissent, mais en même temps pas trop pour ne pas perdre le rythme, rester dynamique. Il faut s’adapter à l’ambiance. Il faut aussi donner quelques indications au fil de l’enchère pour décider les potentiels acquéreurs. Il faut aussi avoir un peu de finesse psychologique, être à l’écoute des gens, pour leur faire une petit signe s’ils ne sont pas décidés. »

Coup de jeune à la salle

Récemment, le dynamique duo a décidé de donner un coup de jeune et de dépoussiérer l’image de la salle des ventes. « C’est un lieu de rassemblement et aussi là où nous présentons les objets et les meubles. C’était important de pouvoir bien accueillir tout le monde et de faciliter aussi notre travail. » Avec l’arrivée d’internet et des enchères en direct, il fallait également mieux intégrer les outils numériques. « C’est un atout supplémentaire pour nous et cela décuple les potentiels. Le live vient pallier à la disponibilité et la mobilité des acheteurs. » Aujourd’hui, avec la retransmission des ventes, les acheteurs sont basés aux quatre coins de la France et même à l’étranger.

Pour participer, il faut être capable, majeur et solvable. Bénédicte Boissinot aime le répéter : « La salle de vente est un lieu ouvert, accessible à tous. » L’Hôtel des ventes ne présente pas que des objets plein de poussière, mais des meubles design ou des objets uniques. Ainsi, par exemple, le 11 mars, Bénédicte Boissinot animera une vente de prestige. 45 tirages d’époque de Robert Doisneau seront mis aux enchères. « Les deux collectionneurs ont probablement côtoyé le photographe. » Les clichés ont été pris entre 1930 et 1960. Il y a des scènes de rues, des gueules cassées si chères à l’artiste, mais aussi des personnalités comme Colette, Jacques Prévert ou Tati.

Mathilde Wojylac

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