C3 Technologies, du nautisme à l’aéronautique

Publié le 29 octobre 2015 | Entreprises

c3 technologiesJean-Marie Buignet, fondateur de C3 Technologies n’a pas hésité à prendre un virage risqué pour son entreprise. Pour sa Stratégie globale d’innovation, il recevra le prix national Stars et Métiers.

Le 8 décembre le fondateur de l’entreprise C3 Technologies, Jean-Marie Buignet, recevra le prix national Stars et Métiers 2015 dans la catégorie Stratégie globale d’innovation.

« Ce prix ne récompense pas seulement un développement technologique mais aussi la capacité à mettre en place une organisation et assurer le développement de cette technologie », apprécie Jean-Marie Buignet. A 56 ans ce spécialiste de la construction de pièces techniques en fibre de carbone soumises à de fortes sollicitations mécaniques ne regrette pas d’avoir fait le grand saut entre le monde du nautisme où il est une référence et celui de l’aéronautique. Via le centre régional d’innovation et de transfert de technologies de Rochefort (Critt Matériaux), il a conclu un partenariat avec EADS pour produire la voilure d’un avion de démonstration à propulsion électrique, l’E-fan. « En allant au salon de l’aéronautique du Bourget, je me suis rendu compte que notre savoir-faire était compatible avec ce secteur. Depuis nous travaillons pour obtenir la certification EN-9100, indispensable pour évoluer dans ce monde », explique Jean-Marie Buignet.

En parallèle, il adapte également son entreprise installée à Périgny. D’ici quelques jours l’extension du bâtiment entrera en service, ce qui doublera sa surface et la portera à 1 000 m2. Pourtant l’activité l’aéronautique est minoritaire pour C3 technologies. « Mais elle conditionne l’évolution de l’entreprise. Si cela marche, il se peut que je double le nombre de salariés d’ici 2018. De toute façon je donne tout pour l’investissement, que ce soit les machines ou le bâtiment. Cette année j’ai investi 500 000 euros. »

Fournisseur du Vendée globe

Actuellement, C3 technologies est le fournisseur officiel des parties en matériaux composites pour les quilles d’Imoca, ces monocoques rendus célèbres par le Vendée globe. D’ailleurs pour l’édition 2016, les six bateaux neufs alignés ont fait appel à lui, dont Armel Le Cléach (Banque populaire). L’entreprise vient aussi tout juste de livre à François Gabart, vainqueur du Vendée globe 2012, les foils de son futur trimaran géant (30 mètres de long). « Dans le nautisme, peu de gens prennent autant de risque que moi, relève le dirigeant. Car nous ne produisons que des pièces uniques, c’est-à-dire des prototypes à l’unité, dans un secteur de la course extrêmement cyclique. Nous n’avons pas le droit à l’erreur. Mais nous y avons une vraie notoriété. » Une notoriété qui devrait encore décoller bientôt, elle aussi, avec ce prix et le lancement dans l’aéronautique.

O. G.

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