De la brasserie à la distillerie de Bercloux

Publié le 21 septembre 2017 | Entreprises

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La Brasserie de Bercloux a laissé place à la Distillerie de Bercloux. Philippe Laclie a levé 80 000 euros de fonds pour investir dans un alambic et produire du whisky de Charente-Maritime.

La cinquième génération de l’exploitation de la famille Laclie, à Bercloux, près de Saintes, apporte une révolution. Si 30 hectares de vignes sont toujours consacrées au cognac, de plus en plus d’orge va être semé sur les 50 autres hectares pour produire du whisky charentais-maritime.

« Tout faire ici »

Déjà en 2002, Philippe Laclie, 43 ans aujourd’hui, avait abandonné la gérance de l’exploitation viticole pour créer la Brasserie de Bercloux et produire de la bière. Depuis 2012, il a transformé la Brasserie en Distillerie. « Les deux activités sont jumelles, relève l’intéressé. L’idée a germé en 2006 et deux ans plus tard, j’ai lancé le whisky, fabriqué à partir d’un blend écossais importé et vieilli en fût de pineau. Ça a duré jusqu’en 2015, mais maintenant, je veux tout faire ici. Pour ça, j’ai acheté un alambic en 2014. » Pour devenir whisky, l’eau-de-vie doit passer trois années dans une barrique de moins de 700 litres. Les premières bouteilles seront produites en 2018. Il prévoit d’en écouler 5 000  cette année-là, puis 15 000 la suivante, 30 000 en 2020 et, à termes, 50 000 par an.

Passionné de distillation

En attendant, il commercialise son spiritueux sans l’appellation whisky. Et comme il a la passion de la distillation, il produit toutes sortes de liqueurs (coings, pêches, pommes, menthe, thym-citron), mais aussi de la verveine, de l’absinthe ou encore de l’eau-de-vie de prune, de la vodka et du pastis. Tout en bio. Et toujours de la bière, la Bercloise, désormais livrée en fûts de 1 000 litres pour les festivals. Cela permet à la SARL d’assurer un chiffre d’affaires de 700  000  euros cette année, qu’il espère porter à un million dans deux ans. Mais « tous ces alcools sont faits à la marge. L’objectif, c’est le whisky. Ce sera le gros de la production, avertit le patron. Nous produirons, avec mes trois employés, du simple malt et du simple malt tourbé. La bière, je continue d’en faire, c’est un peu la base de l’activité, mais c’est à la marge financièrement. » Pour assurer la transition entre bière et whisky, il a eu recours à la plate-forme de financement participatif Les entreprêteurs l’an dernier. Il a obtenu 80  000  euros qu’il a engloutis dans un alambic Stupfler fabriqué à Bordeaux pour produire ce qui sera le premier whisky de Charente-Maritime.

O. G.

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