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Safran : pièce maîtresse du Grand Télescope

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Safran : pièce maîtresse du Grand Télescope

A Saint-Benoît, l’usine Safran Electronics & Defense va participer à la construction du plus grand télescope au monde. L’entreprise travaille également dans un domaine particulier : l’optronic.

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A Saint-Benoît, l’usine Safran Electronics & Defense va participer à la construction du plus grand télescope au monde. L’entreprise travaille également dans un domaine particulier : l’optronic.

Saint-Benoît. Une usine ultra sécurisée. Safran Electronics & Defense fait partie des plus importantes entreprises de Grand Poitiers avec un effectif de 460 salariés. Le site est l’un des neuf du grand groupe international d’équipements aéronautiques et de défense et il va fabriquer une pièce maîtresse du futur Grand Télescope.

Le site poitevin présente deux spécialités. La première est l’optronic (une contraction des termes optique et électronique). « Nous faisons des caméras, des jumelles de haute technologie, infrarouge », explique Guillaume Oulié, directeur de l’établissement. Cette technologie de pointe est utilisée notamment dans le domaine militaire.

Ces derniers temps, l’usine a fait la une de l’actualité pour un projet d’envergure internationale. Elle va participer à la construction du miroir du plus grand télescope au monde financé par l’ESO (European Southern Observatory, en français l’Observatoire Européen Austral).

Le cœur du télescope sera poitevin 

« Ce miroir, ce sera la pépite, le joyau du télescope, son cœur. C’est lui qui va venir collecter la lumière des étoiles et qui permettra ensuite de les étudier », poursuit Guillaume Oulié, fier de ce projet. Le miroir mesurera 39 m de diamètre, soit l’équivalent de la moitié d’un terrain de football. Sa production débutera au printemps 2019 (sans doute mars). L’installation des machines est en cours. « L’équipement industriel arrive au compte-gouttes. » Et la cadence de production sera très courte. Le miroir ne va pas être construit d’un seul tenant. Ainsi, en réalité 931 miroirs assemblés les uns aux autres vont constituer un grand miroir courbé, une sorte de nid d’abeilles qui va dessiner un cercle plein et parabolique. Chaque segment en vitrocéramique mesurera 1,50 m de largeur pour 250 kg et ils seront motorisés pour bien se positionner et s’aligner en fonction de l’endroit observé. Il faudra six mois pour fabriquer le premier miroir. Une fois la cadence trouvée, les délais seront d’un miroir par jour. Cela nécessite une usine du futur interconnectée où la maintenance devrait être prédictive, anticipée.

« Notre usine existe déjà… sous forme virtuelle pour le moment. Nous sommes en capacité de travailler avec nos futurs opérateurs. Grâce à des casques de réalité virtuelle, ils peuvent se déplacer, faire tourner les machines, produire de manière virtuelle », détaille le directeur de l’établissement. C’est un peu comme un jeu, mais surtout ce processus leur permet de commencer les tests de fabrication et de simuler des scénarii pour que tout le personnel sache faire fonctionner les machines avant même leur mise en service. « Ca permet de gagner du temps et de tester avant d’appliquer, car sur le papier il est difficile de se rendre compte de la réalité du terrain. »

Car le projet doit s’achever au plus vite pour équiper le plus grand télescope du monde qui sera basé à 3  000 m d’altitude au Chili  : l’ELT ou European Extremely Large Telescope. « Nous terminerons le projet en 2024. Cela remplit notre carnet de commande, c’est sûr, mais surtout élargit notre activité. Les compétences de Poitiers en optronic ont permis de répondre à l’appel d’offre d’ESO et de le gagner. Nous réaffirmons notre rang de leaders de l’optique. C’est indéniable. Pour ce projet, nous avons réaménagé un bâtiment et effectué un recrutement assez important pour constituer notre staff. »

Poitiers doit se tourner vers l’industrie

Qui dit augmentation de l’activité, dit forcément recrutement. C’est le cas pour Safran Electronics & Defense. « Ce projet extraordinaire va créer une cinquantaine d’emplois du technicien de fabrication, de production à l’ingénieur. » Le site de Saint-Benoît recrute depuis deux ans. L’an dernier 35  personnes sont venues renforcer l’effectif et cette année cela devrait être 45  personnes. Cependant, Guillaume Oulié alerte sur une situation compliquée liée au bassin d’emploi : « Il n’est pas tourné suffisamment vers l’industrie. Aujourd’hui, il faut faire venir les gens qui ne veulent pas forcément quitter leur ville d’origine. Il manque un vivier sur Poitiers. »

Safran Electronics & Defense va en tout cas continuer sur la voie de l’optique astronomique et compte bien « remporter d’autres appels d’offres dans ce domaine-là ».

Julien Privat

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